Autant, priver de liberté les femmes me parait la plus élémentaire logique, autant se laisser pousser la barbe, ça fait moche et pas très hygiénique. Et puis bon, tuer les Shahs, ça craint. Alors s'il y a un film qui parle de ce merveilleux pays autrement que par les dessins moches de Persépolis, c'est cool. Surtout s'il est réalisé par l'excellent réalisateur de The Town et de Gone Baby Gone, qui étaient cools aussi. Même si l'acteur principal, c'est le poulpe sans charisme qui a commis Pearl Harbor et Daredevil.
Enfin bon.
L'affiche bateau, qui peut aussi bien couvrir un polar qu'un film d'extra-terrestre.
L'accroche:
En une certaine année (alors, oui, c'est tiré de faits historiques. Donc si j'avais un tant soit peu quelque chose à foutre de l'histoire de l'Iran, j'irais vous chercher les dates exactes à grands coups de Wikipedia, et vous seriez vachement contents de savoir que c'était en 1979. Mais honnêtement, soit vous vous en foutez (Mazeltov!), soit ça vous intéresse un tant soit peu, et c'est quand même dommage d'attendre de lire un article pourri sur mon blog pour se renseigner. Voilà), les iraniens se révoltent. En fait, ils l'avaient déjà un peu fait avant, à la cool, mais depuis, il y avait eu un coup d'état fomentés par les méchants américains, que des fois, tu te demandes s'ils auraient pas mieux fait de s'occuper un peu de gérer leur pays pour éviter que ça devienne n'importe quoi, plutôt que de dire aux gens des autres pays qui devaient les gouverner. Enfin, bon, je digresse. Pour résumer, ils subissaient un régime super autoritaire où des gens se faisaient torturer, et du coup, ils ont décidé que ça suffisait, merde, et ont décidé de se révolter pour mettre un régime islamique au pouvoir. Super autoritaire, où des gens se feraient torturer. Mouais. C'est pas d'une logique perçante, c'est une logique persane. (Hihihi).
Et donc, voilà, le régime a changé, pour céder place à un régime super anti-américain. Surtout que les américains accueillent l'ancien dictateur chez eux, et refuse de l'extrader, du coup, y a des manifs, dont une qui dégénère, et où la foule rentre dans l'ambassade américaine, et fait tout le monde prisonnier.
Vite, un coiffeur. Ou un tailleur? Aaaah que devons nous faire?
6 personnes arrivent toutefois à s'échapper avant que tout le monde soit fait prisonnier, et vont chercher refuge chez l'ambassadeur canadien. Et l'Etat Américain (enfin la CIA plutôt) veut les exfiltrer. Mais comment faire ça argonomiquement?
En faisant semblant de monter un film de science-fiction hoywoodien (mais canadien) à Téhéran. Oui.
Et donc, on va suivre cette merveilleuse idée à la con, dans son élaboration et sa conclusion. Sachant que le film s'appelle Argo. N'Argotons pas.
Le spoil :
Comment passer inaperçu au marché. Surtout quand tu es Thomas Alava.
Bon, à l'image des Columbo, on sait déjà un peu la fin avant le début. Parce que j'imagine mal le réalisateur américain qui se dit "tiens, si je faisais un film sur cette exfiltration de bons citoyens américains innocents qui a foiré à cause d'un connard de la CIA qui a eu l'idée débile de faire semblant de faire un film de SF, et qui a mené à l’exécution sommaire de quidams et à la décrédibilisation de l'état américain entier?". Donc bon, sans déconner, scoop : l'exfiltration va réussir. En suivant le plan, mais ça marche à la seconde près, parce que si l'avion qui décolle se fait pas poursuivre par une jeep (parce que tout le monde sait que le meilleur moyen d'arrêter un avion qui décolle, c'est de lui rouler après en Jeep. Et pas d'appeler la tour de contrôle pour que l'avion fasse demi-tour, hein).
Donc tout va bien qui finit bien, sauf pour les méchants islamistes.
L'avis :
Alors bon, la réalisation est pas mal, ce qui fait dire que Ben Affleck n'aurait vraiment jamais du être acteur. D'ailleurs, à ce propos, l'acteur principal est pas terrible, surtout dans une scène qui dure 2 minutes (ressenties 30) où on voit le bon américain qui veut sauver des gens qui doute après que ses chefs lui aient dit qu'il avait pas le droit de sauver des gens. Mais il boit du Whisky américain, pleure un peu, et se rend compte que la justice doit prévaloir, et va sauver des gens quand même. Un petit concentré de Pearl Harbor qui donne une momentanée envie de se pendre.
Exemple de pas crédible : un père déjanté qui synthétise de la drogue à la CIA? Ben voyons...
Mais sinon, c'est pas trop mal, hein. Bon, vaut assumer le fait que les américains, c'est les gentils, plutôt, et que les islamistes sont méchants dans la vie, et que leur seul but dans la vie, c'est de faire respecter le Coran, et de tuer des américains.
Je déconseille donc ce film si vous êtes un iranien islamiste.
Après, la plongée dans les années 80 est assez rigolote, où on se rend compte que les gens avaient vraiment pas de look, à l'époque (et c'est d'ailleurs marrant de se dire que dans les années 2040, quand les gens regarderont des films sur la tuerie de Newtown ou sur l'élection de François Hollande, ils se diront qu'on avait vraiment pas de look dans les années 2010). Et puis voilà.
Brèves inintéressantes :
- De toutes façons, on apprendra en 2040 (là encore) que ce film n'était qu'une façade pour une exfiltration d'agents secrets américains. Tiens, d'ailleurs, ils pourraient faire un film dessus.
C'est assez impressionnant. Et ils vous ont pas encore montré leurs powerpoints.
- Téhéran, ça avait l'air sympa comme endroit pour vivre. Avec des pendus au carrefour, et des voitures qui brûlent comme ça, pour rien. On dirait Vaux-en-Velin.
- Ce n'est pas un film très sombre, on peut donc regarder Argo de nuit.
- On remarquera avec de remarquables images d'époque pendant le générique que tous les acteurs ont été choisis pour ressembler aux personnages réels. Tous? Non. Pas Ben Affleck. Mais bon, c'est juste le personnage principal, donc c'est pas grave.
- Quand je pense que les grosses lunettes énormes reviennent à la mode... Argh.
- Très bonne critique d'Hollywood aussi, avec quelques très bonne blagues et un John Goodman toujours aussi gros et bon. Comme le big mac.
Wah le faux trucage, comme on voit que c'est pas en Iran, en fait.
- Et de très bons passages sur les films pourris de Science-Fiction. Vraiment.
- Je crois que c'est le premier film de ma vie où j'entends dire du bien du Canada. Hahaha.
- On notera aussi un réel effort de dire du mal des Etats-Unis de temps en temps, en constatant que c'était de leur faute si tout avait eu lieu. Bon, ça empêche pas qu'on les glorifie dans tout le reste du film, mais quand même, c'était un effort louable.
- Donc on peut espérer que d'ici 15 ans, on échappera peut-être à la scène avec le drapeau américain qui flotte dans le fond de l'image. Non je déconne.







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