jeudi 20 octobre 2011

J'aime pas les voitures

Des fois, vous avez envie d'aller au cinéma, et vous savez pas trop quoi aller voir, entre les nouveaux films qui ont l'air bien, mais qui sont sortis la semaine même et que donc la salle va être blindée, et les films afghans sous-titrés hongrois joués uniquement avec des acteurs portugais tétraplégiques. En désespoir de cause, vous jetez un regard à ce que pensent les critiques (ceux qui savent mieux que vous ce qui est bien et pas bien) : et là, PAF, vous apprenez qu'un film est sorti, qu'il a fait sensation à Cannes, qu'il est génial et qu'il s'instaurera comme une référence du cinéma. Chiche.


DRIVE
Réalisateur : Nicolas Winding Refn
Acteurs : Ryan Gosling,
Carey Mulligan,
des voitures

L'accroche : 
Alors, autant vous le dire tout de suite, autant des fois, il y a des films d'action (ou pas, comme on le verra plus tard) qui reposent principalement sur le scénario, autant là, pas trop. Donc nous avons affaire à un mec qui conduit super bien. Il aurait pu faire taxi en France et devenir ainsi super riche et faire des manifs pour avoir le droit de rouler sur la bande d'arrêt d'urgence, mais non, il est américain de Los Angeles, donc il fait garagiste le jour, cascadeur le jour, et chauffeur pour des braquages la nuit. Oui, ça lui fait un peu deux boulots de jour, mais rassurez-vous, il envisage aussi de faire pilote de stock-car pendant ses heures creuses.
Tout ça le fatigue un peu, et ça se voit sur son visage, tant notre héros pour qui nous nous passionnerons durant ce film arborera en tout et pour tout deux expressions faciales durant ce film : le visage impassible mais un peu fatigué, et le petit sourire fatigué. Vous me direz, ça fait déjà un vachement plus grand jeu d'acteur que Nicolas Cage ou Keanu Reeves, mais quand même.
Notre héros (que nous appellerons "Canada" pour faire un subtil jeu de mot (Canada, drive...? Non? Vraiment pas?) ) vient d'on ne sait pas où. On ne sait pas trop ce qui le motive. On ne sait pas trop ses projets. En fait, on sait pas grand chose, quoi. Même son nom, en fait.
Donc voilà, ce monsieur fait ça, mais il se lie d'amitié avec sa voisine Irène, qui vit seule avec son fils, vu que son mari "Standard" fait de la prison. On ne sait pas pourquoi. En fait, on sait pas grand chose dans ce film, mais c'est parce que c'est un film d'auteur, je vous rassure. On sait surtout pas comment quelqu'un sur Terre peut envisager d'appeler son enfant "Standard", mais bon.
Et donc Canada dragouille un peu Irène. Il fait style de "j'aime bien trainer avec toi et ton fils", mais on sent bien qu'au fond, il aimerait bien lui changer les soupapes et l'arbre à cames. Mais manque de pot, juste au moment où il semblait pas loin d'y arriver, le mari taulard sort de prison. Et se fait casser la gueule pour des histoires de thunes.
Canada fait un peu le canadien : venant de se faire casser son coup, étant sûr de ne pas pouvoir niquer sa voisine et s'approprier l'enfant, et se faisant empêcher de dormir par le voisin en question pendant qu'il fait la fête, propose donc son aide au taulard en question : il est vraiment très très gentil. Donc il organise un braquage avec Standard, mais manque de pot, Standard se fait buter (ce qui lui évitera le suicide pour la peine d'avoir un prénom aussi ridicule), et Canada se fait poursuivre par la Mafia parce qu'il leur a piqué la bagatelle de un million de dollars.

Chose que vous ne verrez pas dans le film : le héros en train de sourire.


Le spoil :
Tout le monde meurt sauf Irène. Comme ça, c'est clair. En fait, Canada, malgré ses atouts magnifiques de conduite dont il profitera en fait une seule fois dans le film, se fait poursuivre. Apparemment, il tient pas plus que ça à la vie, mais ce qui l'embête, c'est qu'Irène pourrait mourir dans l'affaire, et ça, ça l'embête. Donc il tue plein des gens qui cherchent à le tuer. Pour finalement partir avec une blessure au ventre (coups de couteaux) sans doute fatale mais on sait pas (ha ben non, hein), en ayant fini de tuer un des parrains de la mafia (super confiant, d'ailleurs, le mec, venu tout seul à un rendez-vous pour rencontrer un mec qui a déjà tué 3 ou 4 sous-fifres à lui, et son associé), et en laissant un million de dollars dans un sac en vrac sur un parking. Et laissant donc Irène toute seule.Voilà voilà voilà.

Comme quoi, imiter James Dean, ça fait toujours vendre.


Mon avis sur le film : 
Alors. Ce qui est marrant dans ce film, c'est qu'on a un mélange de film américains (courses-poursuites, bastons, violence instantanée) et de film d'auteur français (dialogues de 10 minutes avec en tout et pour tout 15 mots échangés, grand silences, regards soutenus, silences pesants, silences, silences et silences). Du coup, ça créé une ambiance, il est vrai, qui donne beaucoup d'impact aux scènes violentes... Mais ça créé aussi des scènes chiantes où on se dit qu'on est un peu en train de gâcher de la pellicule. parce que bon, c'est pas tout ça, mais les gens qui se disent rien et qui font rien, à regarder, c'est un peu ennuyeux.
Donc voilà, c'est pas mauvais. Mais j'irai pas jusqu'à dire que c'est bien non plus.
Par contre, c'est assez bien filmé, et la BO est assez cool. Donc, je ne changerai pas d'opinion sur la Critique grâce à ce film : sous le prétexte pâlichon que ce film est un peu différent des films d'actions usuels (et encore...), on dit que c'est un chef d’œuvre qui fera date, et que l'acteur joue très bien parce qu'il évite d'en faire des caisses (mais en fait, c'est pas tellement qu'il en fait pas des caisses, c'est qu'il fait rien).


Regardez cette image fixement sans bruit pendant 4 minutes 32, et vous aurez un aperçu réaliste du film.


Brèves inintéressantes : 
. On s'embête un peu quand même.
. Des vitesses dans la voiture d'un film américain, on croirait rêver!
. Le psychopathe du Nom de la Rose fait un piètre mafieux.
. D'ailleurs, vu comment ils bossent, tu te demandes comment ils font pour survivre, les mafieux en question. Se pointer aux rendez-vous tout seul, pas sûr que ce soit un gage de qualité.
. Sachez-le, les strip-teaseuses américaines sont largement blasées des agressions au marteau. Même pas une pour se lever en glapissant, tout se perd ma bonne dame.
. A la fin, on ignore donc tout de l'histoire, des motivations ou de ce qui anime le héros. Je dis pas que ça manque, hein, mais bon, on finit par se demander ce qu'il fout là, en fait. Et nous aussi du coup.






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