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dimanche 11 août 2013

J'aime pas les zombies


ça faisait quelque temps que les adaptations de BDs/comics/livres que j'allais voir au cinéma ou à la télévision me laissaient sur ma fin. En effet, peu de mal à en dire. Que ce soit Watchmen, Sin City, V pour Vendetta (bon, limite), Game Of Thrones, ça restait globalement fidèle aux écrits, gardant les qualités et les défauts des premiers supports. Heureusement, avec Hollywood, on sait qu'on peut toujours compter sur le prochain film pour ne pas être déçu.


World War Z

Réalisateur : Marc Forster
Acteurs : Brad Pitt (et des gens inutiles autour)

L'accroche : 
Attention, ça va envoyer du lourd pour ce film avec des zombies mais qui n'est pas un film de zombie (oui maintenant, je fais référence aux Inrocks, je suis comme ça. Mais bon, quand c'est pour dire des conneries aussi grosses, c'est rigolo quand même). 
Donc suspense : Brad Pitt est un mec cool et sympa occupé à être cool (et sympa). Il a démissionné de son boulot de super star de l'ONU (on ne saura jamais en quoi exactement ça consistait, mais en gros, ça l'envoyait partout, il faisait tout, il était copain avec le secrétaire de l'ONU, et ça lui permettait d'être le mec le plus fort de la Terre) pour s'occuper de sa famille qu'il avait l'impression de délaisser. Waow. Il est cool, hein. Et sympa.
Et donc, le voilà avec sa famille dans les rues de Manhattan, dans les bouchons (c'est à peu près le seul moment crédible du film) , et là, paf, devinez quoi, SWITCH SCENARISTIQUE DE FOU (qui montre bien qu'on est pas dans un film de zombies mais dans un film avec des zombies) : il y a une attaque de zombies.
My Dear God.
Et du coup, Brad Pitt, va, de façon cool et sympa, sauver sa famille. Dans un premier temps.


Quand il était petit, Brad donnait des cours à Angus McGyver

Le spoil : 
Et dans un deuxième temps, ll va sauver la Terre. Qu'est-ce qu'il est cool, dites-donc. Mais bon, ça va pas se faire tout seul. Je vous fais tout le film, parce que ça vaut le coup (d'être raconté, hein, pas forcément d'être vu).
Alors, tout d'abord, il sauve sa famille en allant dans des cités pourries (après être allé faire des courses et tué un mec qui voulait violer sa femme, je crois (+1 point cool) ) en se réfugiant chez une famille de mexicains. Il s'arrange pour se faire sauver par un hélice à l'aube (et non pas un bateau à aubes, huhuhu), tant il est vrai que ça sert d'être pote avec le secrétaire des Nations Unies. Donc voilà, il se fait courser par des zombies, il se fait sauver par le fils des mexicains (sachant que la famille mexicaine s'est a priori faite buter totalement par les zombies, et le garçon a réussi à prendre une arme, à passer les zombies occupés à charcuter sa famille,  à passer par un escalier rempli de zombies, pour tuer le zombie qui allait mordre Brad Pitt (cool et sympa) et ensuite à s'échapper à la dernière minute des zombies qui suivaient derrière). Du coup, tout le monde est sauvé, et Brad Pitt adopte le gamin, qu'on sait pas qui c'est en vrai, et qui est sûrement un futur criminel, comme ses origines hispaniques tendent à le laisser penser. Mais bon.


T'as pris à manger pour les zombies? Oui oui, c'est bon.

Donc voilà, la famille Brad Pitt est sur un bateau, mais on a besoin de Brad Pitt pour emmener un scientifique en mission pour voir d'où vient le virus. Tant il est vrai que quand t'as le mec le plus fort du monde qui sait tout faire, ça serait con de pas l'utiliser. Surtout qu'il est cool. Et sympa. Mais lui, il veut pas y aller, parce qu'il veut sauver sa famille (on pourrait lui objecter que sauver le monde, c'est assez important, aussi, mais bon, il se focalise), donc on le fait chanter et plouf, il part.
Donc il va en Corée (c'est sûrement un coup des communistes de toutes façons), il y va, il trouve rien, mais on lui dit d'aller voir à Jerusalem, qui s'est cloîtré. 
Il va donc à Jerusalem, qui est planqué derrière des grands murs, et où on emmène des bus de gens derrière des grillages, et où on checke bien le regard des gens qui arrivent, pour s'assurer qu'ils sont pas zombifiés. Sachant que la transformation prend 12 secondes, je pense que le check, c'est pas la peine, hein.
Enfin, bon, il est peinard à Jerusalem, mais le bruit des youyous des palestiniens qui font la fête attire les zombies qui font une pyramide humaine pour passer le mur qui est à seulement 50m de haut pour conquérir la ville. Oui, dit comme ça, ça fait con, mais ça l'est.
Donc voilà, invasion, Brad Pitt court pour sauver sa peau, coupe le bras d'une soldat israélienne mordue (qu'il sauve, du coup, parce que Brad, il est comme ça), et prend l'avion qu'il a l'autorisation de faire atterrir à Cardiff, pour atterrir près d'un centre de l'OMS. Parce que Brad Pitt a une idée.


On a vraiment besoin de vous pour escorter un scientifique, vu que vous faisiez un métier cool pour les Nations-Unies alors que nous, on a juste plein de militaires...

Là, on pourrait se demander pourquoi il utilise pas la radio de l'avion pour communiquer son idée directement à un centre de l'OMS, histoire que si jamais il crève, on puisse continuer mais bon, Brad, il est pas du style à se décharger sur les autres, il y va.
Bon, bien sûr, y avait un zombie caché dans l'avion qui commence à mordre tout le monde, donc c'est la panique, Brad fait sauter une grenade, l'avion se sent pas bien, et finalement, il s'écrase. Deux survivants : Brad et sa pote.
Ça tombe bien, ils se sont écrasés juste à côté du centre de l'OMS, donc ils y vont, se font soigner (oui, parce qu'ils sont un peu blessés, quand même), évite la horde de zombies du centre de l'OMS...


Méthode infaillible pour se cacher des zombies : les fusées de détresse

Ah oui, faut que je la raconte celle-là. Au centre de l'OMS, ils ont plein de zombies, pourquoi? Parce quand ils faisaient des recherches sur le virus, y a un chercheur qui, par mégarde, s'est piqué avec une seringue. Rho pas de bol. Laurel et Hardy inside, mais en moins crédible. Enfin bon.
Donc, voilà, ils montent une expédition (avec entre autres le directeur du site, la soldat manchot et Brad qui se remet d'une opération pour lui retirer un shrapnel du bide, ce qui semble l'équipe idéale. Et donc ils s'infiltrent, et là, Brad Pitt s'injecte un virus mortel (non mais sans déconner, hein). Et du coup, les zombies ne s'intéressent plus à lui, car ils ont un détecteur à virus mortel, et si un humain a un virus mortel, il est perché.
Du coup, tout est bien qui finit bien, parce qu'ils peuvent développer un patch pour les humains, histoire qu'ils soient invisibles pour les zombies. 
Content d'avoir sauvé le monde, Brad Pitt rentre voir sa femme et ses enfants (plus le petit mexicain qui rôde dans le coin) et tout le monde est content, sauf le spectateur du film.


Contre toute attente, ce personnage ne finira pas en zombie. Il aura même un prénom, du coup.

Mon avis: 
Alors, déjà, le gros problème, c'est que j'ai lu le bouquin, écrit par le fils du génial Mel Brooks. Et que le bouquin, il est vraiment bien : il raconte de plein de points de vue différents un conflit contre les zombies, remporté grâce à des décisions difficiles et conflictuelles, et les différentes personnes qui racontent sont toutes impactées gravement par ce conflit qui a laissé des traces.
Et donc pour adapter ça à l'écran, ils ont pris le parti de raconter un conflit avec un super héros qui passe à travers le monde, se sauve de toutes les situations, et sauve le monde et les petits enfants mexicains.
Ou comment adapter les Watchmen avec la Ligue Des Justiciers. Ou adapter Madame Bovary avec Candy.
Donc en fait, c'est nul, pour résumer. Et Brad Pitt est trop fort.
(Je tiens à signaler que nombre de connaissances ont trouvé ce film bon. Je pense qu'ils  ont mauvais goût).


Et là, on pourrait insister sur le fait que je suis trop cool

Brèves diverses et inintéressantes :
- J'espère tout de même que le P4 à Lyon est plus sécurisé que le centre de l'OMS de Cardiff, parce que bon, même pas pouvoir condamner les zones à distance, ou se piquer avec une seringue des produits qu'on surveille, ça craint quand même. Bon, vous me direz, c'est que des lyonnais autour...
- On notera la présence de Julianne Moore pour jouer la femme de Brad Pitt, qui ne sert strictement à rien de tout le film, à part de manquer de se faire violer. Mais sinon, elle sert à rien. On la voit régulièrement qui est triste, et c'est tout.
- Donc effectivement, c'est pas vraiment un film de zombie, parce que dans les films de zombie, un truc qui est bien, c'est qu'on évite en général le coup du mec qui sauve le monde tout seul.
- Au centre de l'OMS, d'ailleurs, ils ligotent Brad Pitt et lui font un putain de questionnaire pas sympa quand il se réveille... alors qu'il est arrivée avec une meut qui pouvait dire qui c'était. Mais bon, si on commence à faire confiance aux femmes...


Tout s'explique : le réalisateur, c'est Jason Statham

- On notera que c'est une fois de plus de la faute aux arabes si Israël se fait dévaster. Bravo.
- Arabes qui font plus de bruits en chantant que les hélicoptères qui survolent la foule. Qui d'ailleurs réagissent pas du tout quand ils voient les zombies faire une pyramide humaine. Ben non, ils sont dehors pour surveiller, pas pour surveiller les zombies.
- D'ailleurs, tant qu'on y est dans les incohérences, à Jérusalem, ils font venir les gens en bus, dans des couloirs grillagés. Et les zombies, ça les embête bien, parce qu'ils peuvent rien faire contre des grillages. Autant, escalader des murs de 50m, ça se fait, mais défoncer un grillage, ça demande beaucoup trop de forces.
- Ah oui, puis les zombies, ils sont super forts : ils reconnaissent quand quelqu'un a une maladie mortelle, comme ça, pouf. Et puis ils sont attirés par le bruit, mais attention, pas par n'importe quel bruit: par le bruit généré par un humain. C'est à dire, que eux, comme des cons, ils râlent, ils tapent dans les murs, ils font du barouf, mais ça, ça les attire pas. Par contre, une porte qui grince derrière Brad Pitt, Bim, ça réveille tous les zombies à 50 kms à la ronde.
- Je vous ai dit que Brad Pitt, il était super fort et super sympa? Je sais plus.
- On m'ôtera pas de l'esprit qu'une contagion en 12 secondes, ça limite quand même vachement les possibilités de propagation par avion. Ou alors les pilotes sont vraiment des crevures qui aiment trimbaler des malades un peu partout.
- Regarder ce film quand tu joues à Last of Us (TM), c'est juste cruel. Pour le film.
- D'ailleurs le film est tellement mauvais que le virologie qui est chargé d'enquêter préfère se suicider au bout de 15 secondes plutôt que d'y rester.

Enfin voilà. C'était du lourd, et je pense que j'irai faire un tour sur la critique d'Odieux Connard, parce que je suis sûr que j'en ai oublié (NDA : en fait, ce gros branleur l'a pas faite. Ptetre qu'il a trouvé le film bien. Je me sens seul).



jeudi 20 octobre 2011

J'aime pas les voitures

Des fois, vous avez envie d'aller au cinéma, et vous savez pas trop quoi aller voir, entre les nouveaux films qui ont l'air bien, mais qui sont sortis la semaine même et que donc la salle va être blindée, et les films afghans sous-titrés hongrois joués uniquement avec des acteurs portugais tétraplégiques. En désespoir de cause, vous jetez un regard à ce que pensent les critiques (ceux qui savent mieux que vous ce qui est bien et pas bien) : et là, PAF, vous apprenez qu'un film est sorti, qu'il a fait sensation à Cannes, qu'il est génial et qu'il s'instaurera comme une référence du cinéma. Chiche.


DRIVE
Réalisateur : Nicolas Winding Refn
Acteurs : Ryan Gosling,
Carey Mulligan,
des voitures

L'accroche : 
Alors, autant vous le dire tout de suite, autant des fois, il y a des films d'action (ou pas, comme on le verra plus tard) qui reposent principalement sur le scénario, autant là, pas trop. Donc nous avons affaire à un mec qui conduit super bien. Il aurait pu faire taxi en France et devenir ainsi super riche et faire des manifs pour avoir le droit de rouler sur la bande d'arrêt d'urgence, mais non, il est américain de Los Angeles, donc il fait garagiste le jour, cascadeur le jour, et chauffeur pour des braquages la nuit. Oui, ça lui fait un peu deux boulots de jour, mais rassurez-vous, il envisage aussi de faire pilote de stock-car pendant ses heures creuses.
Tout ça le fatigue un peu, et ça se voit sur son visage, tant notre héros pour qui nous nous passionnerons durant ce film arborera en tout et pour tout deux expressions faciales durant ce film : le visage impassible mais un peu fatigué, et le petit sourire fatigué. Vous me direz, ça fait déjà un vachement plus grand jeu d'acteur que Nicolas Cage ou Keanu Reeves, mais quand même.
Notre héros (que nous appellerons "Canada" pour faire un subtil jeu de mot (Canada, drive...? Non? Vraiment pas?) ) vient d'on ne sait pas où. On ne sait pas trop ce qui le motive. On ne sait pas trop ses projets. En fait, on sait pas grand chose, quoi. Même son nom, en fait.
Donc voilà, ce monsieur fait ça, mais il se lie d'amitié avec sa voisine Irène, qui vit seule avec son fils, vu que son mari "Standard" fait de la prison. On ne sait pas pourquoi. En fait, on sait pas grand chose dans ce film, mais c'est parce que c'est un film d'auteur, je vous rassure. On sait surtout pas comment quelqu'un sur Terre peut envisager d'appeler son enfant "Standard", mais bon.
Et donc Canada dragouille un peu Irène. Il fait style de "j'aime bien trainer avec toi et ton fils", mais on sent bien qu'au fond, il aimerait bien lui changer les soupapes et l'arbre à cames. Mais manque de pot, juste au moment où il semblait pas loin d'y arriver, le mari taulard sort de prison. Et se fait casser la gueule pour des histoires de thunes.
Canada fait un peu le canadien : venant de se faire casser son coup, étant sûr de ne pas pouvoir niquer sa voisine et s'approprier l'enfant, et se faisant empêcher de dormir par le voisin en question pendant qu'il fait la fête, propose donc son aide au taulard en question : il est vraiment très très gentil. Donc il organise un braquage avec Standard, mais manque de pot, Standard se fait buter (ce qui lui évitera le suicide pour la peine d'avoir un prénom aussi ridicule), et Canada se fait poursuivre par la Mafia parce qu'il leur a piqué la bagatelle de un million de dollars.

Chose que vous ne verrez pas dans le film : le héros en train de sourire.


Le spoil :
Tout le monde meurt sauf Irène. Comme ça, c'est clair. En fait, Canada, malgré ses atouts magnifiques de conduite dont il profitera en fait une seule fois dans le film, se fait poursuivre. Apparemment, il tient pas plus que ça à la vie, mais ce qui l'embête, c'est qu'Irène pourrait mourir dans l'affaire, et ça, ça l'embête. Donc il tue plein des gens qui cherchent à le tuer. Pour finalement partir avec une blessure au ventre (coups de couteaux) sans doute fatale mais on sait pas (ha ben non, hein), en ayant fini de tuer un des parrains de la mafia (super confiant, d'ailleurs, le mec, venu tout seul à un rendez-vous pour rencontrer un mec qui a déjà tué 3 ou 4 sous-fifres à lui, et son associé), et en laissant un million de dollars dans un sac en vrac sur un parking. Et laissant donc Irène toute seule.Voilà voilà voilà.

Comme quoi, imiter James Dean, ça fait toujours vendre.


Mon avis sur le film : 
Alors. Ce qui est marrant dans ce film, c'est qu'on a un mélange de film américains (courses-poursuites, bastons, violence instantanée) et de film d'auteur français (dialogues de 10 minutes avec en tout et pour tout 15 mots échangés, grand silences, regards soutenus, silences pesants, silences, silences et silences). Du coup, ça créé une ambiance, il est vrai, qui donne beaucoup d'impact aux scènes violentes... Mais ça créé aussi des scènes chiantes où on se dit qu'on est un peu en train de gâcher de la pellicule. parce que bon, c'est pas tout ça, mais les gens qui se disent rien et qui font rien, à regarder, c'est un peu ennuyeux.
Donc voilà, c'est pas mauvais. Mais j'irai pas jusqu'à dire que c'est bien non plus.
Par contre, c'est assez bien filmé, et la BO est assez cool. Donc, je ne changerai pas d'opinion sur la Critique grâce à ce film : sous le prétexte pâlichon que ce film est un peu différent des films d'actions usuels (et encore...), on dit que c'est un chef d’œuvre qui fera date, et que l'acteur joue très bien parce qu'il évite d'en faire des caisses (mais en fait, c'est pas tellement qu'il en fait pas des caisses, c'est qu'il fait rien).


Regardez cette image fixement sans bruit pendant 4 minutes 32, et vous aurez un aperçu réaliste du film.


Brèves inintéressantes : 
. On s'embête un peu quand même.
. Des vitesses dans la voiture d'un film américain, on croirait rêver!
. Le psychopathe du Nom de la Rose fait un piètre mafieux.
. D'ailleurs, vu comment ils bossent, tu te demandes comment ils font pour survivre, les mafieux en question. Se pointer aux rendez-vous tout seul, pas sûr que ce soit un gage de qualité.
. Sachez-le, les strip-teaseuses américaines sont largement blasées des agressions au marteau. Même pas une pour se lever en glapissant, tout se perd ma bonne dame.
. A la fin, on ignore donc tout de l'histoire, des motivations ou de ce qui anime le héros. Je dis pas que ça manque, hein, mais bon, on finit par se demander ce qu'il fout là, en fait. Et nous aussi du coup.