jeudi 31 mai 2012

J'aime pas les agents immobiliers

Bon, après le traditionnel arrêt de publication, vient la traditionnelle reprise. Donc voilà, je recommence. Et comme d'hab, pour recommencer on prend des sujets faciles. J'aurais pu aller à Cannes et parler de la plupart des films qui y sont diffusés. J'aurais pu aussi lire des bouquins à la mode, ou encore aller voir des prequels ou séquelles quelconques. Mais non, je vais profiter de mon actu perso (ça fait très mainstream de dire ça, mais je suis swag maintenant, alors je vous merde) pour parler d'un sujet qui nous concernera tous un moment ou à un autre : les agents immobiliers.



Toi aussi, joue à notre grand jeu, et compare le nombre de fautes de français
 et le nombre d'informations utiles sur cette page


Les agents immobiliers sont une sorte de parasite, dont le travail est d'en faire le moins possible pour en tirer un maximum d'argent, étant semblable en cela à l'ingénieur informaticien. A la différence près que l'agent immobilier est TOUJOURS en position de force avec tout le monde, ce qui le met dans une position somme toute assez enviable.
Nous traiterons ici des divers cas où nous pouvons avoir affaire à eux, pour constater leur extrême pouvoir de nuisance. Je ne discuterai par contre ici que des locations, hein, je n'achète pas, moi, je ne suis pas un gros bourgeois qui crache mon venin à la société mais qui se rengorgera bientôt quand les rouges auront nationalisé toutes les propriété personnelles.


1. LA RECHERCHE D'APPARTEMENT

Ahlala, qui n'est jamais arrivé dans une ville, l'esprit taquin et l'oeil fier, pour un premier emploi, un premier stage où quelque chose dans le genre, aller quémander dans les agences si présentes dans le centre ville qu'on a l'impression qu'il y en a plus que de biens immobiliers? Et oui, la jeunesse excuse bien la crédulité...
Trouver un appartement? Alors que vous êtes étudiants? Ou pire, que vous touchez un salaire mais que vous êtes encore en période d'essai. Voyons.
Et oui, car pour plaire à un agent immobilier, il faut répondre à des critères stricts, déterminés objectivement. Ces critères? Avoir le double de votre salaire. Quelque soit votre salaire. Mais n'allons pas trop vite en besogne.

Tout d'abord, vous avez en gros déterminé votre besoin. Supposons, vous cherchez un appartement de 60 m² pour vous loger : une chambre, un salon/chambre, un placard de séquestration de rangement, et une cuisine vous conviendraient tout à fait. Vous êtes une feignasse, vous aimeriez donc bien être au centre ville pour pas trop bouger, et pas loin d'une ligne de métro tant qu'à faire. On va dire que c'est à Toulouse que vous arrivez, vous comptez y mettre entre 500 et 650€.
Je vous la fais pas à l'envers, hein, c'est les prix du marché, en gros.
Vous passez le pas de la porte : que va-t-on vous proposer? Un 45 m² dans une banlieue lointaine et miteuse. Mais l'appart' est super bien parait-il. Vous riez, et vous demandez autre chose. Qu'à cela ne tienne, on vous propose en gros ce que vous cherchez, mais pour 657€. La visite est demain, 10h30 (ça tombe mal que vous bossiez, mais bon). Bon, vous vous arrangez.

Mais comment ne pas leur faire confiance?


Là, vous arriverez dans un appart', où vous aurez environ 12 secondes par chambre pour découvrir l'environnement, un expert qui répondra à la moindre de vos questions, tant qu'elles n'iront pas plus loin que "c'est la cuisine, ça?" ou "ça fait quelle surface en tout?". Pour d'autres questions, faut demander un expert. Le moindre défaut dans l'appartement sera corrigé bien sûr avant la libération de l'appartement.

Et là, de deux choses l'une.
Soit l'appartement vous déplaît. Ah? Pour quelles raisons,  s'il vous plait? Et l'agent immobilier de vous expliquer par A + B que, si, cet appartement vous plait, c'est juste que vous êtes trop cons pour vous en rendre compte. Et si jamais il ne vous convainc pas, c'est pas grave, il a un autre truc qui serait parfait pour vous. Un 45 m² dans une banlieue lointaine et miteuse. Mais l'appart' est super bien, parait-il.

Soit l'appartement vous plait. Auquel cas, vous aurez le choix entre vous décider en 15 micro secondes et remplir un dossier d'environ 512 pièces, comprenant les avis de naissances, les feuilles de salaires de vous et de vos parents, vos dernières quittances de loyer, une prière d'intention, un papier qui certifie que vous n'êtes pas en période d'essai, un papier qui certifie qu'on ne vous a jamais demandé de prouver que vous n'êtes pas en période d'essai vu que c'est illégal, et un raton laveur. Si ce dossier arrive le lendemain matin à l'ouverture de l'agence, vous aurez peut-être une chance. Sinon, on peut aussi vous proposer un 45 m² dans une banlieue lointaine et miteuse. Mais l'appart' est vraiment super cool, parait-il.

Si jamais vous avez rendu le dossier attend, il doit être validé selon des critères objectifs. Les critères objectifs étant : est-ce que votre dossier a une bonne gueule, et est-ce qu'il y a pas un dossier à côté où un mec gagne plus que vous. Et faut pas être période d'essai, aussi (c'est le mal les périodes d'essai).

Et si ça passe bingo. 

Et hop, 400€ l'heure de travail, qui c'est le patron?


Vous n'aurez plus qu'à régler 800€ de frais d'agences. Mais attendez, ils ont fait quoi l'agence? Ils ont affiché l'annonce d'un mec (qui doit surement payer pour la faire afficher), ils ont organisé une visite, et ils ont choisi un dossier en foutant la pression? Ben ouais. Vous savez quoi faire faire à vos enfants s'ils sont bêtes et s'ils n'ont aucune estime d'eux-mêmes.


2. LA GESTION D'APPARTEMENT

Vous avez réussi à prendre l'appartement que vous vouliez en gros, même si c'était un peu plus cher que ce que vous vouliez y mettre. Tiens, c'est marrant, les travaux qui devaient être faits ont pas été faits. Enfin, c'est pas grave, vous avez tout mis dans l'état des lieux, même si la meuf en passe trouvait que c'était pas si grave qu'il manque deux mètres carrés de carrelages dans la salle de bains.
Mais un jour, genre le vendredi soir, la chaudière fait PZZZ, puis PFFF, puis PAAAF puis plus rien. C'est mauvais signe. Et effectivement, vous n'avez plus d'eau chaude. Que faire?
Ben voyons, attendre lundi matin 10h que l'agence ouvre. Vous pourriez bien sûr appeler un plombier, mais bon, dans ce cas, ça serait pour votre gueule, parce que c'est pas le plombier agréé par l'agence.
Et c'est là que vous allez comprendre pourquoi ils ont payés ces gens là. Ils sont payés pour remettre les trucs urgents au lendemain, et vous le faire accepter. 
Une théorie voudrait que le temps se dilate dans les agences immobilières : si le temps parait infiniment court au moment de rendre un dossier, quand il s'agit de prévoir une intervention, faire appel à un expert, ou répondre au téléphone, là, le temps se dilate que ça en devient fou. De toutes façons, vous tombez jamais sur la personne qui s'en occupe, mais toujours sur une autre, qui fera passer le message.
Et au bout d'un moment, vous laissez tomber, votre carrelage restera pourri, vous vivrez sans chauffage, et tant pis. Mais du coup, vous récupérerez pas votre caution au moment de partir. Et ben non, hein, faut ptetre pas déconner non plus, vous auriez pu prévenir, tout de même, ça se fait pas.

Oh regarde, il pourrait bien nous la mettre, là?


3. LA DESCRIPTION

Le monde des agents immobiliers se divise en deux catégories : 
. Les cruches : Vous savez, celles qui se la pètent en boite, les Wooo girls en puissances, qui vous dédaignent d'un regard méprisant quand elle voit votre Carte Visa Bagoo? Ben c'est elles. Le jour, elles se ruent dans leur Mini Cooper avec leurs grosses lunettes de soleil, vont se garer n'importe comment en ville pour vous empêcher de passer pendant qu'elles font visiter des apparts. Ben ouais.
. Les vieux beaux: tels les paons dans les zoos, ce sont les maîtres des lieux. Ils font vivre leur vivier de cruches, ils sont clairement les mâles alphas, et ne rechigneront jamais à une blague macho pendant que les filles boiront leur thé 0%.
Ah oui, par contre, l'agent immobilier sourie tout le temps. S'il arrête de sourire, c'est qu'il va attaquer.

Donc voilà. Si un ami à vous prévoie de devenir agent immobilier (ou pire, de le devenir), de deux choses l'une: soit vous restez potes avec lui, juste pour avoir un plan de secours pour trouver un appart' et se faire emmener en vacances sur un yacht payé à même les frais d'agences. Soit vous l'abattez.


J'y pensais même plus, mais y a des exemples assez connus, en fait.


Bonjour chez vous et mort aux cons!

mardi 15 novembre 2011

J'aime pas les films muets

Mais bon, jusqu'à maintenant, vu que le public de ce genre de films était restreint aux nostalgiques des années 1920, ça me dérangeait pas trop. Mais un réalisateur avant-gardiste à la pointe du futur, j'ai nommé Hazanavicius (qui a plutôt un nom à faire du basket, mais bon), après l'adaptation de la série OSS 117 (là aussi on est dans la modernité) s'est dit qu'il allait refaire un film muet, comme ça, pour voir. Et ça permet de faire des économies sur les preneurs de son.

 The Artist

Réalisateur : Michel Hazanavicius
Acteurs : Jean Dujardin
Bérénice Béjo


L'accroche
L'histoire se passe dans des temps immémoriaux, aux alentours des années 1928, 1929 (ça aura d'ailleurs son importance dans l'histoire, mais bon, je vais pas tout vous spoiler maintenant, non plus, hein), un truc dans le genre. Un acteur super connu et super fort, grande star multinationale du cinéma, sorte de Nicolas Cage des temps anciens se la raconte, tranquille. C'est Jean Dujardin. Autant dire que ça nous change de le voir en arrogant légèrement teinté d'imbecillité tout sourire, et qu'on voit que l'acteur se diversifie merveilleusement bien après Brice de Nice et OSS, vu que maintenant, il ne parle plus. Enfin, il parle mais on l'entend plus. Mais foin de digressions, l'acteur est ici, égocentrique, et content. Quitte à faire passer son chien fidèle (que nous appellerons Milou en référence à un autre film que j'ai pas été voir, mais que je suis sûr que ça aurait fait une bonne tribune ici) devant sa femme. Pour le public, je veux dire, hein, pas dans sa vie privée qui ne concerne que lui, comme je vous vois venir, bande de vous. Saaale.
Enfin bon, il tombe malencontreusement sur une jeune fan, un peu simplette et tout exubérante, qui rêve de devenir actrice. Et grâce à deux trois rencontres fort truites*, elle finit par décrocher des rôles dans la même boite de productions que le monsieur sus-pas nommé, et ce d'ailleurs un peu grâce à lui, vu qu'il la pistonne violemment.


 On remarquera la grosse vanne en haut à droite. Huhuhu.


Elle deviendra même, au fur et à mesure, une star des nouveaux films, les films parlants, tandis que l'ancienne star se voit reléguer d'office au rang de gros has-been tout pourri, et décide donc de quitter la boite de productions pour financer lui-même son film muet, car les gens veulent voir des vrais acteurs, et pas des singes parlants. Ce qui est d'autant plus super ironique de la mort que cette histoire est faite dans un film muet. Je vois pas si vous situez la profondeur du truc, mais elle est en gros entre le verre d'eau et la mare à canard du jardin de mon grand père. Mais bon, pourquoi se donner du mal sur le scénario, vu que les gens vont de toutes façons crier au génie, vu que c'est en noir et blanc, et muet. Mais j'anticipe.

Le spoil
En fait, je viens de me faire une remarque personnelle à moi-même : j'ai l'impression de faire des spoils complètement inutiles, car la majeure partie des films dont je parle ici ont des fins ultra prévisibles (enfin, j'exagère un peu, des fois, y a tellement peu d'histoire qu'on aurait bien l'air con si on devait deviner une fin), et ce film ne va pas faire exception à la règle.
Donc le mec réalise un film, qui est bien entendu un gros bide, et ce juste au moment où la crise de 1929 se déclare. Donc notre héros est ruiné, et parallèlement, l'héroïne devient la nouvelle star hollywoodienne, mais continue à éprouver une admiration sans faille (teintée d'amour, on aurait envie de dire) pour le Hazbine. Au point de racheter ses meubles (sans lui dire) aux ventes en enchères, et de rembaucher son vieux majordome/chauffeur/cuisinier. 
Elle se retrouve donc avec l'intégralité de la vie du héros dans sa grande villa pendant que le héros (qui aurait bien entendu été trop orgueilleux pour demander de l'aide) sombre doucement dans l'alcool.
A un moment, il pète gentiment un câble, et brûle toutes les bobines de cinéma qu'il a chez lui, avant de se rendre compte de sa folie, et de s'évanouir avec une bobine entre les bras, pendant que le feu brûle.
Milou le sauve en allant chercher la police, et en profite pour refaire la peinture et aller chercher le journal. Le héros se retrouve donc à l'hôpital où l'héroïne va le chercher, et le ramène chez lui pour sa convalescence.


 C'est marrant comme un acteur des 20's sur le déclin peut ressembler à un ouvrier portugais.

Les héros se rapprochent donc dangereusement, et seraient même sur le point d'arriver à une conclusion heureuse, vu que la fille a même réussi à lui décrocher un gros rôle dans son prochain film. Trop facile, se dit-on, il va y avoir embrouille. Et tiens, la meuf, elle aurait pas une aile entière de sa baraque remplie de meubles à lui? Ah ben il va les trouver et se vexer, non?
Bingo.

Et du coup, vu que c'est un mec raisonné qui over-react pas du tout, il rentre dans sa maison brûlée (mais qui le vit assez bien, a priori) pour chercher son flingue et se buter. Heureusement, l'héroïne, qui avait tout deviné aplatit sa voiture contre un platane devant chez lui, et arrive à tant pour le sauver.
Et même si personne ne veut voir notre héros parler dans un film, ils trouvent une solution, ils danseront des claquettes.

Et le happy end est donc une merveilleuse session de claquette. Avec du son, parce qu'on est grand prince. Classe, non?

L'avis
Il y a certains avantages à voir un film muet. Au lieu d'avoir des silences pesants des films français habituels, on a de la musique. Au lieu d'avoir des bruits et des explosions de films américains, on a de la musique. Et surtout, les dialogues sont généralement beaucoup moins pesants. De plus, on peut se permettre beaucoup plus de gros clichés, vu que le style old school est totalement assumé.
Donc, là, le réalisateur en a profité à mort, et a fait du cliché la base du film.C'est marrant, surtout quand on aime bien le kitsch comme moi.

 lalala, lalalala

Après, là aussi de façon totalement assumée, les acteurs surjouent à mort. Bien forcés, parce que sinon, c'est un peu plus dur pour savoir ce qu'ils pensent, vu qu'on a pas les sons. Mais bon, on est aussi assez content de pas entendre parler certains acteurs, qui ont l'air assez nuls. 
Donc en fait, l'histoire est nulle, les acteurs surjouent, mais l'ambiance est telle qu'en fait, le film est assez plaisant, et qu'on passe un agréable moment au début du XXe siècle.
Donc pour changer de d'habitude, je vais dire que j'ai bien aimé un film, et ça me fait un peu mal au cul, mais bon.
Mais qu'on soit bien clairs, hein : tout le monde a crié au génie... Si le génie, c'est de refaire 70 ans plus tard une accumulation de tous les clichés du genre, il y a beaucoup de génie dans le domaine de la littérature fantastique. C'est bien, mais ça mérite pas non plus tout ce qu'on en a dit. Mais bon, vu que la plupart des journalistes et critiques notent en binaire, forcément...

Brèves inintéressantes
. Le meilleur acteur du film reste Milou.
. A voir Dujardin accumuler les films avec Bérénice Béjo, on se demande quand il va larguer Lamy pour elle.
. C'est marrant de voir Goodman jouer dans un film français. En même temps, ses dialogues étaient faciles.
. Il y a un discret clin d’œil à Marilyn Monroe avec un grain de beauté factice, mais discret, hein.
. On remarquera qu'une fois qu'il a raté son dernier film, l'acteur star n'essaie pas une seconde de trouver un autre rôle ou un vrai taf, il préfère devenir alcoolique. Feignant d'assisté.
. Ah oui, j'en ai pas parlé, mais il est marié, l'acteur au début, à la meuf qui a décroché le rôle le plus insipide de l'histoire du cinéma, mais après, elle le quitte. Voilà voilà.
. La mode de la moustache, c'est quand même une bonne chose que ce soit fini. Même s'il aura fallu Pétain et Hitler pour en arriver là. Et même si les rugbymen essaient péniblement de la remettre à jour.

. Pour ceux qui ont vu Inglorious Basterds, je pense pas qu'ils utilisaient les mêmes bobines en France que dans ce film. Là, l'incendie à base de bobines, il s'allume péniblement en un quart d'heure, brûle quelques endroits vite fait et ne s'étend pas. Un incendie assez courtois en quelques sortes.
. On m'avait vendu un film muet, et y a du son deux fois dans le film. Même pas capables d'aller au bout de leur concept, ces fiottes.



* C'est mon blog, je fais des jeux de mots pourris si je veux, non mais ho.

jeudi 20 octobre 2011

J'aime pas les voitures

Des fois, vous avez envie d'aller au cinéma, et vous savez pas trop quoi aller voir, entre les nouveaux films qui ont l'air bien, mais qui sont sortis la semaine même et que donc la salle va être blindée, et les films afghans sous-titrés hongrois joués uniquement avec des acteurs portugais tétraplégiques. En désespoir de cause, vous jetez un regard à ce que pensent les critiques (ceux qui savent mieux que vous ce qui est bien et pas bien) : et là, PAF, vous apprenez qu'un film est sorti, qu'il a fait sensation à Cannes, qu'il est génial et qu'il s'instaurera comme une référence du cinéma. Chiche.


DRIVE
Réalisateur : Nicolas Winding Refn
Acteurs : Ryan Gosling,
Carey Mulligan,
des voitures

L'accroche : 
Alors, autant vous le dire tout de suite, autant des fois, il y a des films d'action (ou pas, comme on le verra plus tard) qui reposent principalement sur le scénario, autant là, pas trop. Donc nous avons affaire à un mec qui conduit super bien. Il aurait pu faire taxi en France et devenir ainsi super riche et faire des manifs pour avoir le droit de rouler sur la bande d'arrêt d'urgence, mais non, il est américain de Los Angeles, donc il fait garagiste le jour, cascadeur le jour, et chauffeur pour des braquages la nuit. Oui, ça lui fait un peu deux boulots de jour, mais rassurez-vous, il envisage aussi de faire pilote de stock-car pendant ses heures creuses.
Tout ça le fatigue un peu, et ça se voit sur son visage, tant notre héros pour qui nous nous passionnerons durant ce film arborera en tout et pour tout deux expressions faciales durant ce film : le visage impassible mais un peu fatigué, et le petit sourire fatigué. Vous me direz, ça fait déjà un vachement plus grand jeu d'acteur que Nicolas Cage ou Keanu Reeves, mais quand même.
Notre héros (que nous appellerons "Canada" pour faire un subtil jeu de mot (Canada, drive...? Non? Vraiment pas?) ) vient d'on ne sait pas où. On ne sait pas trop ce qui le motive. On ne sait pas trop ses projets. En fait, on sait pas grand chose, quoi. Même son nom, en fait.
Donc voilà, ce monsieur fait ça, mais il se lie d'amitié avec sa voisine Irène, qui vit seule avec son fils, vu que son mari "Standard" fait de la prison. On ne sait pas pourquoi. En fait, on sait pas grand chose dans ce film, mais c'est parce que c'est un film d'auteur, je vous rassure. On sait surtout pas comment quelqu'un sur Terre peut envisager d'appeler son enfant "Standard", mais bon.
Et donc Canada dragouille un peu Irène. Il fait style de "j'aime bien trainer avec toi et ton fils", mais on sent bien qu'au fond, il aimerait bien lui changer les soupapes et l'arbre à cames. Mais manque de pot, juste au moment où il semblait pas loin d'y arriver, le mari taulard sort de prison. Et se fait casser la gueule pour des histoires de thunes.
Canada fait un peu le canadien : venant de se faire casser son coup, étant sûr de ne pas pouvoir niquer sa voisine et s'approprier l'enfant, et se faisant empêcher de dormir par le voisin en question pendant qu'il fait la fête, propose donc son aide au taulard en question : il est vraiment très très gentil. Donc il organise un braquage avec Standard, mais manque de pot, Standard se fait buter (ce qui lui évitera le suicide pour la peine d'avoir un prénom aussi ridicule), et Canada se fait poursuivre par la Mafia parce qu'il leur a piqué la bagatelle de un million de dollars.

Chose que vous ne verrez pas dans le film : le héros en train de sourire.


Le spoil :
Tout le monde meurt sauf Irène. Comme ça, c'est clair. En fait, Canada, malgré ses atouts magnifiques de conduite dont il profitera en fait une seule fois dans le film, se fait poursuivre. Apparemment, il tient pas plus que ça à la vie, mais ce qui l'embête, c'est qu'Irène pourrait mourir dans l'affaire, et ça, ça l'embête. Donc il tue plein des gens qui cherchent à le tuer. Pour finalement partir avec une blessure au ventre (coups de couteaux) sans doute fatale mais on sait pas (ha ben non, hein), en ayant fini de tuer un des parrains de la mafia (super confiant, d'ailleurs, le mec, venu tout seul à un rendez-vous pour rencontrer un mec qui a déjà tué 3 ou 4 sous-fifres à lui, et son associé), et en laissant un million de dollars dans un sac en vrac sur un parking. Et laissant donc Irène toute seule.Voilà voilà voilà.

Comme quoi, imiter James Dean, ça fait toujours vendre.


Mon avis sur le film : 
Alors. Ce qui est marrant dans ce film, c'est qu'on a un mélange de film américains (courses-poursuites, bastons, violence instantanée) et de film d'auteur français (dialogues de 10 minutes avec en tout et pour tout 15 mots échangés, grand silences, regards soutenus, silences pesants, silences, silences et silences). Du coup, ça créé une ambiance, il est vrai, qui donne beaucoup d'impact aux scènes violentes... Mais ça créé aussi des scènes chiantes où on se dit qu'on est un peu en train de gâcher de la pellicule. parce que bon, c'est pas tout ça, mais les gens qui se disent rien et qui font rien, à regarder, c'est un peu ennuyeux.
Donc voilà, c'est pas mauvais. Mais j'irai pas jusqu'à dire que c'est bien non plus.
Par contre, c'est assez bien filmé, et la BO est assez cool. Donc, je ne changerai pas d'opinion sur la Critique grâce à ce film : sous le prétexte pâlichon que ce film est un peu différent des films d'actions usuels (et encore...), on dit que c'est un chef d’œuvre qui fera date, et que l'acteur joue très bien parce qu'il évite d'en faire des caisses (mais en fait, c'est pas tellement qu'il en fait pas des caisses, c'est qu'il fait rien).


Regardez cette image fixement sans bruit pendant 4 minutes 32, et vous aurez un aperçu réaliste du film.


Brèves inintéressantes : 
. On s'embête un peu quand même.
. Des vitesses dans la voiture d'un film américain, on croirait rêver!
. Le psychopathe du Nom de la Rose fait un piètre mafieux.
. D'ailleurs, vu comment ils bossent, tu te demandes comment ils font pour survivre, les mafieux en question. Se pointer aux rendez-vous tout seul, pas sûr que ce soit un gage de qualité.
. Sachez-le, les strip-teaseuses américaines sont largement blasées des agressions au marteau. Même pas une pour se lever en glapissant, tout se perd ma bonne dame.
. A la fin, on ignore donc tout de l'histoire, des motivations ou de ce qui anime le héros. Je dis pas que ça manque, hein, mais bon, on finit par se demander ce qu'il fout là, en fait. Et nous aussi du coup.