Après cette longue absence (bon, je vous avais habitué à pire, donc je vais dire que c'est rien, et j'avais besoin d'un peu de vacances), je vais vous parler d'une race pénible si elle en est. Les ingénieurs.
Alors j'entends d'ici certains esprits chagrins et malicieux qui vont se plaindre. "Oui, on peut pas faire de généralisations, on est tous différents, tout ça", vont-ils me dire. D'une seule voix. Comme pour mieux étayer mes arguments.
Déjà, pour commencer, il faut savoir que la vie d'ingénieur se divise en deux phases (même trois si on cherche bien, mais bon, on va dire deux) : les études (ou phase de loque), et le travail (ou phase de coolitude).
Déjà, pour commencer, il faut savoir que la vie d'ingénieur se divise en deux phases (même trois si on cherche bien, mais bon, on va dire deux) : les études (ou phase de loque), et le travail (ou phase de coolitude).
La phase d'études.
Origine :
Avant de devenir ingénieur (ou élève ingénieur proprement dit), l'élève ingénieur travaille en général beaucoup. Sélectionné parmi l'élite des gens qui ont un cerveau assez développé pour faire un Bac S, il est allé dans des classes préparatoires, où on lui a bien expliqué qu'il devrait travailler deux ans comme un psychopathe (voire trois s'il est peu intelligent) pour ne plus rien faire de sa vie ensuite, objectif ambitieux s'il en est.
Le jeune étudiant (qui n'est pas encore marqué par la tare de l'ingénieur) passe donc alors deux années (ou plus) à ne rien faire sauf faire semblant de travailler et apprendre par cœur ses formules, pour rivaliser avec ses congénères et avoir l'école la mieux qu'il puisse avoir. Attention, par "mieux", on veut juste dire "bien classée", la qualité d'une école n'étant pas du tout dépendante des matières enseignées ou de la ville, mais juste d'obscurs classements d'écoles.
Cette partie de la vie n'est pas particulièrement intéressante à vivre (certes, comme toute la vie d'un ingénieur), mais à étudier non plus, ne se différenciant finalement assez peu des étudiants en droits, médecines et autres (enfin, de ceux qui ne savent pas s'amuser, s'entend).
Une fois les études finies (enfin la partie des études où l'ingénieur travaille), notre loque en devenir arrive dans une école d'ingénieur, où il mettra environ une semaine et trois jours (en moyenne, selon les statistiques SOPRES) pour désapprendre tout ce qu'il avait emmagasiné et devenir une grosse loque altermondialiste.
Attitude et Caractéristiques :
L'élève ingénieur est cool : il n'aime pas la guerre, pas le racisme, et trouve que les gens devraient réfléchir plus en général. D'ailleurs, ils ne comprend pas trop les problèmes de la société : pourquoi les gens brûlent-ils des bagnoles au lieu d'étudier? D'ailleurs, autour de lui, personne n'a jamais brûlé de voiture. Les loques ingénieuses ne se déplacent plus qu'entre elles, et coupent tout contact avec le reste de la société. Il y aura diverses castes présentes dans leur société : les gens trop trop cools du BDE, les gens moins cools qui vont juste aux soirées, et ces saloperies de social-traitres qui essaient de travailler pendant leurs études, mais ce sera tout. La loque vit par son école, et mourra par elle.
Physique :
L'élève ingénieur s'habille comme une merde, car il a beau être en passe de devenir un immondice en chemise, il n'en reste pas moins jeune, et met donc des pantalons troués et des T-Shirts moches, souvent aux couleurs de son école. S'il tente de faire illusion quelques temps, il finira fatalement, sous le coup de l'alcoolémie, par trouer ses pantalons et tacher ses T-Shirts, et finir habillé comme les autres dans la masse. L'élève ingénieur, est, selon sa région, à 80% du même sexe. S'il est d'une région chimique ou biologique, la prédominance sera féminine (tant il est vrai que ces domaines sont corrélés avec l'essence même de la passion féminine : la vaisselle), sinon, à 80% garçon. Ce qui explique que l'élève ingénieur est souvent célibataire.
Occupations : la loque passe son temps à sécher les cours, à faire du sport (mais attention, des sports cools : foot, rugby, ski... pas des trucs qui se la pètent quoi), et surtout à se remettre des cuites de la veille. Occupation importante s'il en est. Sinon, la loque boit, boit et reboit encore.
Le travail :
A un moment donné, la loque se retrouve obligée de chercher du travail, les contribuables ne payant que trois ans de leur
Physique :
La différence est brutale. Là où la loque ne se rasait pas et s'habillait mal, le jeune ingénieur cool est un cadre dynamique, et sait donc s'habiller. Mais attention, pas n'importe comment! Pour ne pas rentrer dans le moule du "mec qui s'habille bien à cause du travail", le poulpe (tel que je l'appellerai dorénavant, en raison de sa forte personnalité) se rasera de près, mettra un peu de gel dans ses cheveux, et viendra au travail en jean un peu délavé, petites baskets en cuir, et chemise/polo décontracté, étalant fièrement son refus des conventions. A côté donc de tous collègues qui s'habillent pareil sauf du chef (ce vieux con) qui vient en cravate, parce que, lui, a compris ce que c'était que la classe. Refus des conventions, donc.
Les pires des cas pousseront jusqu'à venir en T-Shirt rigolo, pour montrer à quel point ils sont casual et décontractés. Des fois, le poulpe se promènera avec son badge professionnel autour du coup : si vous le voyez à ce moment précis, vous avez légalement le droit de le pendre avec.
Attitude et Caractéristiques :
Le poulpe (ou la poulpesse, hein, je généralise, mais bon, je fais pas ça méchamment) est quelqu'un de super ouvert (reliquat de quand il était rebelle), il n'aime pas la violence et aime bien le programme de Bayroux, même s'il le trouve un peu trop extrême dans ses propos. Il est tellement ouvert qu'il traine avec plein de gens issus de milieux différents : c'est à dire ses collègues, ses anciens collègues, et ses anciens potes d'écoles qui se sont fait embaucher par la boîte concurrente. Un de leurs grands sujets de conversations sera le salaire, et de s'expliquer chacun à quel point ils sont mal payés (seulement trois fois le SMIC, c'est une honte.). Les poulpes parleront beaucoup de boulot entre eux, et quand ils n'en parleront pas, ils feront quand même des blagues dessus, à grands renforts de sigles compréhensibles uniquement par eux-mêmes.
Exemple : "ha, t'as vu le mec d'EYYD? Il a cru qu'il s'habillait en EYYH, au vu de sa coiffure!"
*rire général*
A noter que cela suit une tradition de blague geek n'étant compréhensible que par les matheux, établie en école. Il y a une continuité.
A noter aussi que c'est peut-être pour ça que le poulpe ne traine qu'avec d'autres poulpes, ce n'est peut-être pas par choix.
Occupations :
Le poulpe fait du sport. Mais attention, pas des sports de pouilleux comme le foot ou le rugby, non des sports sympas comme le golf, le squash, le jorky, ou encore aller faire son jogging dans une salle de sport avec son Iphone 8 sur les oreilles. Malgré son salaire très bas dont il se plaint tout le temps, le poulpe a beaucoup d'équipements pour tout : il fait de la photo, il fait du parapente, il fait de l’œnologie... En fait, toute activité chère et "passionnante" peut trouver grâce à ses yeux.
Le poulpe, celui-là même qui buvait des vins qui faisaient passer de la Villageoise pour du Mouton-Rottshild quelques années auparavant ne veut dorénavant plus boire autre chose que du St Emilion avec son fromage, et ne boit plus d'autres bières que cette petite bière belge d'import qu'il a trouvé chez son caviste.
Oui, le poulpe a un caviste. Et un fromager. Et un maraîcher. Ou pire.
Quand il s'ennuie, le poulpe va dans des bars lounges, où il s'amuse bien, ou fait des parties de Time's up avec ses amis.
Mais le pire, le pire, c'est que le Poulpe se trouve non seulement cool (qui est de toutes façons devenu un adjectif sémantiquement proche de "vomitif"), mais il pense avoir de la personnalité. et ça, c'est dur.
Et les pires? Ce sont ceux qui tiennent un blog.










