mardi 30 août 2011

J'aime pas les vacances

C'est pourquoi les vacances de ce blog sont officiellement finites à partir d'aujourd'hui, et on va tâcher de se remettre à un rythme plus régulier de publications de billets de mauvaise humeur.

Voilà donc un message uniquement destiné à la foule de mes fans en colère qui attendaient un signe de vie.
Faudrait arrêter de vous marier, aussi, ça me remplit un peu les week-ends.

J'aime pas les cowboys ni les aliens.

Il est toujours intéressant de vérifier les mérites comparés de choses/gens/trucs en dehors de leur contexte naturel. Qui est le plus fort de l'éléphant ou de l'hippopotame?, se demandait ainsi le philosophe. Un film d'art & essai (ce qui veut dire qu'il essaie d'être de l'art, mais c'est pas encore gagné) a essayé de répondre à une de ces nombreuses interrogations : qui le plus fort de predator ou de Lucky Luke?

Cowboys & Envahisseurs
Réalisateur : Jon Favreau
Acteurs : Harrisson Ford (wooooo)
Daniel Craig (weeeee)
une meuf qui a même pas son nom sur l'affiche, contrairement à sa poitrine opulente


Accroche:
Nous sommes dans une petite communauté américaine typique comme on en fait plus, à la frontière du Mexique, en territoire indien, où des pionniers ont su construire un village à la force du poignet, défoncer les indiens qui les faisaient chier, et prospecter tranquillement la mine d'or locale. Celle-ci s'étant épuisée depuis, le village subsiste principalement grâce au bétail d'Harrisson Ford, et... et puis, c'est à peu près tout. A noter que la population de voleurs dans le coin avoisine les pires statistiques de Mantes-La-Jolie, qu'il reste des indiens fougueux et pas content.
Donc déjà, on peut dire que la situation est pas rose rose pour le village, surtout qu'il y a une meuf flippante qui regarde tout le monde avec des yeux de merlan frit. Mais soit.

Et c'est sur ces entrefaits (en fait, y pas vraiment d'entrefait ici, mais bon, j'utilise le vocabulaire que je veux, je suis chez moi) que débarque un homme. D'aucun pourrait le prendre pour James Bond mais bon:
. Nous sommes au XIXème siècle à tout péter, James Bond n'est donc pas encore né. Ni encornet.
. James Bond est britannique, et le monsieur à l'écran ne l'est pas.
. Un James Bond blond, non mais sans déconner.

En tout cas, ce monsieur, assez taciturne de prime abord se réveille amnésique au beau milieu de nulle part, avec un bracelet qui ressemble à s'y méprendre à un truc super moderne, genre extra-terrestre. Mais chut. Il profite d'ailleurs de la scène d'introduction pour montrer qu'il est blessé (un peu), et qu'il est super fort à la bagarre, vu qu'il arrive à défoncer trois brigands de grand chemin en environ dix secondes, pour ensuite leur subtiliser un cheval (sur trois, il a pas vraiment le sens du profit, le monsieur), une arme, des fringues, un chapeau et un chien. Et de se rendre au village le plus proche, où on se rend compte qu'il est toujours super fort, en tapant le fils gâté et débile du grand propriétaire de bétail de la région (qui est un peu tyrannique, du genre à torturer ses employés), devenant ainsi un héros local, avant de se faire coffrer parce qu'il est recherché pour plein de chefs d'accusation pas cools. Dont meurtre d'une femme (bon on sent bien qu'il est innocent de ça, au moins). Mais il s'en souvient pas, vu qu'il est amnésique. Quel ressort scénaristique hallucinant, on se demande où ils vont chercher tout ça. Il a cependant, avant de se faire coffrer, le temps de discuter avec tous les gens intéressants du village (comprendre ceux qu'on reverra après), dont une meuf un peu flippante, qui a une furieuse tendance à avoir l'air de servir à rien et d'être bizarre, ce qui n'est qu'à moitié faux comme on le verra par la suite.
Sur ce, Indiana arrive en ville juste au moment où son fils et Craig David allaient se faire emmener pour être jugés à Santa Fe... et c'est le moment de l'attaque des extra-terrestres, qui prennent bien soin d'enlever un être cher à chaque personne sur place, après avoir copieusement bombardé le village (on sait pas trop pourquoi ils bombardent... sûrement pour faire joli, mais en tout cas, ça permet de faire des scènes sympas).


Voici donc la technique alien pour enlever discrètement des victimes. Tactique sans faille, donc.


Les gens retrouveront-ils leurs proches? Quel suspense.


Spoil:
Alors, je vais peut-être vous surprendre, hein, donc accrochez-vous. En fait, Dany est gentil, maintenant (avant, il était brigand avec un peu de grand cœur, et amoureux, mais l'amnésie change aussi l'alignement de mauvais à Héros trop cool), et part à l'aventure avec en gros tous les personnages du village (oui, pour aller chasser les extra-terrestres, ils emmènent aussi une fille (que personne a l'air de connaitre plus que ça, mais bon), le révérend alcoolique, le barman docteur, un gamin, un chien. Et un raton laveur?)) et les voilà partis. En chemin, ils rencontrent des brigands (anciens accolytes de Dany, mais ils se quittent sur une attaque d'Alien, puis des indiens (qui les acceptent quand ils se rendent compte qu'à la surprise générale, la meuf bizarre qui sert à rien, en fait, c'est une alien). On découvre que le gros propriétaire terrien Mr Solo, en fait, c'est un gars super cool qui respecte les gens.
Et tout ce joli monde de foutre sur la gueule aux extra-terrestres, de détruire leur vaisseau, de récupérer leur or, et d'éviter que ces méchants aliens ne repartent chez eux chercher des copains. Que du lourd, quoi.
Nos gentils ont donc sauvé le monde. On notera que la fille alien se sacrifie (non sans avoir roulé une pelle au héros avant, quand même), que l'enfant et le chien survivent, contrairement au pote indien (tu m'étonnes) et au curé qui se sont sacrifiés héroïquement. Enfin tout le monde est un peu héroïque et gentil à la fin, parce qu'il apparait même que le fils d'Harrisson Ford a l'air d'être devenu cool grâce à l'amnésie, et qu'en fait, y a que les gentils de base qui se rappellent de leur passé.


Personne ne connait cette meuf. Et elle regarde les gens dans les bars, comme ça. Mais tout est normal, hein. Moi, j'aurais dit "pute" mais apparemment, c'est "alien" le vrai truc.


Mon avis:
J'ai eu exactement ce que j'étais allé voir. Ce film est fondamentalement mauvais, plein de poncifs, de scènes ultra-téléphonées, de méchants bien méchants, de méchants pas trop méchants qui finalement sont gentils, de décisions stratégiques totalement débiles... enfin que du bonheur, quoi.
Rien que pour le plan de l'attaque du vaisseau des méchants à la fin, ça vaut le coup.
Enfin, tous les personnages qui meurent ont le droit à 2 minutes d'agonie durant laquelle ils déversent des hectolitres de guimauve sur l'écran, c'est génial.
Je crie au génie.

Et puis, de toutes façons, un film qui s'appelle CowBoys Vs Aliens, voilà quoi. Par contre, d'aucuns auront du mal à comprendre quand c'est drôle, car le réalisateur a fait l'erreur de ne pas mettre des rires préenregistrés durant le film pour ponctuer. C'est dommage.
Et sinon, c'est pas en 3D. Ce qui est bien aussi.


A noter que le héros possède donc cet arme alien, qu'il met environ 12 secondes à maîtriser à
la perfection.


Brèves inintéressantes :
. Donc Harrisson Ford est un gentil qui déteste se battre, qui ne fuit jamais ses responsabilités et qui a un cœur bon. Le même mec qui au début du film, retrouve un de ses vachers entouré par des cadavres calcinés de 40 vaches dans un décor de désolation, et décide d'écarteler le mec pour voir s'il a pas des trucs à dire. Ce film est un hommage au général Bigeard.
. Dans une scène hautement spirituelle, il est dit que le bracelet de Daniel Craig ne tombera que quand il n'y pensera plus. Sachant qu'il a, la veille, fait une séance de drogue et hypnose avec les indiens. Et là, paf, une galoche et ça tombe. Facile.
. Pourquoi les extra-terrestres, qui ont quand même des technologies de malade, font toujours des trucs gluants?
. D'ailleurs une race-extra-terrestre qui a une paire de bras pourris près du cœur, je lui laisse pas une grande espérance de vie, hein.
. Et je pense à ce propos que quand t'as un vaisseau d'éclaireurs qui disparaît... ben tu renvoies un plus gros vaisseau mieux armé. Même qu'il va arriver en 2012.
. La meuf qui sert à rien est en fait un extra-terrestre. Au delà du fait qu'elle est super bizarre, personne a tilté qu'une meuf que personne connaissait y a deux semaines se balade en ville, et décide de s'incruster dans l'expédition récupération d'aliens? Je suis circonspect.
. Les extra-terrestres sont censés rien voir à la lumière du jour, mais en fait, quand ils se battent, ils se démerdent quand même.
. Et pourquoi ils ont pas mis des détecteurs de mouvement autour de leur vaisseau en fait?
. On notera une quantité de références à d'autres séries/dessins animés/films assez hallucinante. J'aime bien.
. Rien ne dit pourquoi Daniel Craig ne se souvient de rien au début du film. De la période pré-vaisseau, ok (du à la lumière bleue qui hypnotise que les aliens ont volé aux aliens de Skyline), mais du moment qu'il s'évade en volant des trucs, c'est quand même bizarre, non?
. J'attends avec impatience le film Pirates Vs Ninjas. C'est les Ninjas qui gagnent.

vendredi 29 juillet 2011

J'aime pas les ingénieurs

Après cette longue absence (bon, je vous avais habitué à pire, donc je vais dire que c'est rien, et j'avais besoin d'un peu de vacances), je vais vous parler d'une race pénible si elle en est. Les ingénieurs.


A quoi je pourrais bien réfléchir?

Alors j'entends d'ici certains esprits chagrins et malicieux qui vont se plaindre. "Oui, on peut pas faire de généralisations, on est tous différents, tout ça", vont-ils me dire. D'une seule voix. Comme pour mieux étayer mes arguments.
Déjà, pour commencer, il faut savoir que la vie d'ingénieur se divise en deux phases (même trois si on cherche bien, mais bon, on va dire deux) : les études (ou phase de loque), et le travail (ou phase de coolitude).

La phase d'études.

Origine :
Avant de devenir ingénieur (ou élève ingénieur proprement dit), l'élève ingénieur travaille en général beaucoup. Sélectionné parmi l'élite des gens qui ont un cerveau assez développé pour faire un Bac S, il est allé dans des classes préparatoires, où on lui a bien expliqué qu'il devrait travailler deux ans comme un psychopathe (voire trois s'il est peu intelligent) pour ne plus rien faire de sa vie ensuite, objectif ambitieux s'il en est.
Le jeune étudiant (qui n'est pas encore marqué par la tare de l'ingénieur) passe donc alors deux années (ou plus) à ne rien faire sauf faire semblant de travailler et apprendre par cœur ses formules, pour rivaliser avec ses congénères et avoir l'école la mieux qu'il puisse avoir. Attention, par "mieux", on veut juste dire "bien classée", la qualité d'une école n'étant pas du tout dépendante des matières enseignées ou de la ville, mais juste d'obscurs classements d'écoles.

Cette partie de la vie n'est pas particulièrement intéressante à vivre (certes, comme toute la vie d'un ingénieur), mais à étudier non plus, ne se différenciant finalement assez peu des étudiants en droits, médecines et autres (enfin, de ceux qui ne savent pas s'amuser, s'entend).

Une fois les études finies (enfin la partie des études où l'ingénieur travaille), notre loque en devenir arrive dans une école d'ingénieur, où il mettra environ une semaine et trois jours (en moyenne, selon les statistiques SOPRES) pour désapprendre tout ce qu'il avait emmagasiné et devenir une grosse loque altermondialiste.

Attitude et Caractéristiques :
L'élève ingénieur est cool : il n'aime pas la guerre, pas le racisme, et trouve que les gens devraient réfléchir plus en général. D'ailleurs, ils ne comprend pas trop les problèmes de la société : pourquoi les gens brûlent-ils des bagnoles au lieu d'étudier? D'ailleurs, autour de lui, personne n'a jamais brûlé de voiture. Les loques ingénieuses ne se déplacent plus qu'entre elles, et coupent tout contact avec le reste de la société. Il y aura diverses castes présentes dans leur société : les gens trop trop cools du BDE, les gens moins cools qui vont juste aux soirées, et ces saloperies de social-traitres qui essaient de travailler pendant leurs études, mais ce sera tout. La loque vit par son école, et mourra par elle.

L'élite de la France.

Physique :
L'élève ingénieur s'habille comme une merde, car il a beau être en passe de devenir un immondice en chemise, il n'en reste pas moins jeune, et met donc des pantalons troués et des T-Shirts moches, souvent aux couleurs de son école. S'il tente de faire illusion quelques temps, il finira fatalement, sous le coup de l'alcoolémie, par trouer ses pantalons et tacher ses T-Shirts, et finir habillé comme les autres dans la masse. L'élève ingénieur, est, selon sa région, à 80% du même sexe. S'il est d'une région chimique ou biologique, la prédominance sera féminine (tant il est vrai que ces domaines sont corrélés avec l'essence même de la passion féminine : la vaisselle), sinon, à 80% garçon. Ce qui explique que l'élève ingénieur est souvent célibataire.

Occupations : la loque passe son temps à sécher les cours, à faire du sport (mais attention, des sports cools : foot, rugby, ski... pas des trucs qui se la pètent quoi), et surtout à se remettre des cuites de la veille. Occupation importante s'il en est. Sinon, la loque boit, boit et reboit encore.

Le travail :

Quand le poulpe s'emmerde, il dessine sur les écrans.

A un moment donné, la loque se retrouve obligée de chercher du travail, les contribuables ne payant que trois ans de leur inactivité via leurs impôts. C'est alors que leur mutation se fera de loques à crétin insupportable (ou "mec trop cool"). Attention, la mutation n'est pas instantanée. Certains muteront pendant leur stage de fin d'année (se retrouvant cruellement obligés de travailler par des patrons sans scrupule), d'autres voudront ralentir la transition de quelques années en faisant une thèse, atteignant ainsi le summum de l'inutilité, et d'autres muteront vraiment très tard, quitte à passer pour un punk à chien au travail. Certains finiront même leur vie en état de loque, mais ils craqueront en général avant la fin de leur carrière d'ingénieur, et iront faire des métiers d'assistés trotskystes, tels que professeur ou éleveur de chèvres dans le Larzac.

Photo rare de la transition entre Loque et Poulpe.

Physique :
La différence est brutale. Là où la loque ne se rasait pas et s'habillait mal, le jeune ingénieur cool est un cadre dynamique, et sait donc s'habiller. Mais attention, pas n'importe comment! Pour ne pas rentrer dans le moule du "mec qui s'habille bien à cause du travail", le poulpe (tel que je l'appellerai dorénavant, en raison de sa forte personnalité) se rasera de près, mettra un peu de gel dans ses cheveux, et viendra au travail en jean un peu délavé, petites baskets en cuir, et chemise/polo décontracté, étalant fièrement son refus des conventions. A côté donc de tous collègues qui s'habillent pareil sauf du chef (ce vieux con) qui vient en cravate, parce que, lui, a compris ce que c'était que la classe. Refus des conventions, donc.
Les pires des cas pousseront jusqu'à venir en T-Shirt rigolo, pour montrer à quel point ils sont casual et décontractés. Des fois, le poulpe se promènera avec son badge professionnel autour du coup : si vous le voyez à ce moment précis, vous avez légalement le droit de le pendre avec.

Et il est payé plus que vous. Si si.

Attitude et Caractéristiques :
Le poulpe (ou la poulpesse, hein, je généralise, mais bon, je fais pas ça méchamment) est quelqu'un de super ouvert (reliquat de quand il était rebelle), il n'aime pas la violence et aime bien le programme de Bayroux, même s'il le trouve un peu trop extrême dans ses propos. Il est tellement ouvert qu'il traine avec plein de gens issus de milieux différents : c'est à dire ses collègues, ses anciens collègues, et ses anciens potes d'écoles qui se sont fait embaucher par la boîte concurrente. Un de leurs grands sujets de conversations sera le salaire, et de s'expliquer chacun à quel point ils sont mal payés (seulement trois fois le SMIC, c'est une honte.). Les poulpes parleront beaucoup de boulot entre eux, et quand ils n'en parleront pas, ils feront quand même des blagues dessus, à grands renforts de sigles compréhensibles uniquement par eux-mêmes.
Exemple : "ha, t'as vu le mec d'EYYD? Il a cru qu'il s'habillait en EYYH, au vu de sa coiffure!"
*rire général*
A noter que cela suit une tradition de blague geek n'étant compréhensible que par les matheux, établie en école. Il y a une continuité.



A noter aussi que c'est peut-être pour ça que le poulpe ne traine qu'avec d'autres poulpes, ce n'est peut-être pas par choix.

Occupations :
Le poulpe fait du sport. Mais attention, pas des sports de pouilleux comme le foot ou le rugby, non des sports sympas comme le golf, le squash, le jorky, ou encore aller faire son jogging dans une salle de sport avec son Iphone 8 sur les oreilles. Malgré son salaire très bas dont il se plaint tout le temps, le poulpe a beaucoup d'équipements pour tout : il fait de la photo, il fait du parapente, il fait de l’œnologie... En fait, toute activité chère et "passionnante" peut trouver grâce à ses yeux.
Le poulpe, celui-là même qui buvait des vins qui faisaient passer de la Villageoise pour du Mouton-Rottshild quelques années auparavant ne veut dorénavant plus boire autre chose que du St Emilion avec son fromage, et ne boit plus d'autres bières que cette petite bière belge d'import qu'il a trouvé chez son caviste.

Oui, le poulpe a un caviste. Et un fromager. Et un maraîcher. Ou pire.

Quand il s'ennuie, le poulpe va dans des bars lounges, où il s'amuse bien, ou fait des parties de Time's up avec ses amis.

Mais le pire, le pire, c'est que le Poulpe se trouve non seulement cool (qui est de toutes façons devenu un adjectif sémantiquement proche de "vomitif"), mais il pense avoir de la personnalité. et ça, c'est dur.


Et les pires? Ce sont ceux qui tiennent un blog.