mardi 15 novembre 2011

J'aime pas les films muets

Mais bon, jusqu'à maintenant, vu que le public de ce genre de films était restreint aux nostalgiques des années 1920, ça me dérangeait pas trop. Mais un réalisateur avant-gardiste à la pointe du futur, j'ai nommé Hazanavicius (qui a plutôt un nom à faire du basket, mais bon), après l'adaptation de la série OSS 117 (là aussi on est dans la modernité) s'est dit qu'il allait refaire un film muet, comme ça, pour voir. Et ça permet de faire des économies sur les preneurs de son.

 The Artist

Réalisateur : Michel Hazanavicius
Acteurs : Jean Dujardin
Bérénice Béjo


L'accroche
L'histoire se passe dans des temps immémoriaux, aux alentours des années 1928, 1929 (ça aura d'ailleurs son importance dans l'histoire, mais bon, je vais pas tout vous spoiler maintenant, non plus, hein), un truc dans le genre. Un acteur super connu et super fort, grande star multinationale du cinéma, sorte de Nicolas Cage des temps anciens se la raconte, tranquille. C'est Jean Dujardin. Autant dire que ça nous change de le voir en arrogant légèrement teinté d'imbecillité tout sourire, et qu'on voit que l'acteur se diversifie merveilleusement bien après Brice de Nice et OSS, vu que maintenant, il ne parle plus. Enfin, il parle mais on l'entend plus. Mais foin de digressions, l'acteur est ici, égocentrique, et content. Quitte à faire passer son chien fidèle (que nous appellerons Milou en référence à un autre film que j'ai pas été voir, mais que je suis sûr que ça aurait fait une bonne tribune ici) devant sa femme. Pour le public, je veux dire, hein, pas dans sa vie privée qui ne concerne que lui, comme je vous vois venir, bande de vous. Saaale.
Enfin bon, il tombe malencontreusement sur une jeune fan, un peu simplette et tout exubérante, qui rêve de devenir actrice. Et grâce à deux trois rencontres fort truites*, elle finit par décrocher des rôles dans la même boite de productions que le monsieur sus-pas nommé, et ce d'ailleurs un peu grâce à lui, vu qu'il la pistonne violemment.


 On remarquera la grosse vanne en haut à droite. Huhuhu.


Elle deviendra même, au fur et à mesure, une star des nouveaux films, les films parlants, tandis que l'ancienne star se voit reléguer d'office au rang de gros has-been tout pourri, et décide donc de quitter la boite de productions pour financer lui-même son film muet, car les gens veulent voir des vrais acteurs, et pas des singes parlants. Ce qui est d'autant plus super ironique de la mort que cette histoire est faite dans un film muet. Je vois pas si vous situez la profondeur du truc, mais elle est en gros entre le verre d'eau et la mare à canard du jardin de mon grand père. Mais bon, pourquoi se donner du mal sur le scénario, vu que les gens vont de toutes façons crier au génie, vu que c'est en noir et blanc, et muet. Mais j'anticipe.

Le spoil
En fait, je viens de me faire une remarque personnelle à moi-même : j'ai l'impression de faire des spoils complètement inutiles, car la majeure partie des films dont je parle ici ont des fins ultra prévisibles (enfin, j'exagère un peu, des fois, y a tellement peu d'histoire qu'on aurait bien l'air con si on devait deviner une fin), et ce film ne va pas faire exception à la règle.
Donc le mec réalise un film, qui est bien entendu un gros bide, et ce juste au moment où la crise de 1929 se déclare. Donc notre héros est ruiné, et parallèlement, l'héroïne devient la nouvelle star hollywoodienne, mais continue à éprouver une admiration sans faille (teintée d'amour, on aurait envie de dire) pour le Hazbine. Au point de racheter ses meubles (sans lui dire) aux ventes en enchères, et de rembaucher son vieux majordome/chauffeur/cuisinier. 
Elle se retrouve donc avec l'intégralité de la vie du héros dans sa grande villa pendant que le héros (qui aurait bien entendu été trop orgueilleux pour demander de l'aide) sombre doucement dans l'alcool.
A un moment, il pète gentiment un câble, et brûle toutes les bobines de cinéma qu'il a chez lui, avant de se rendre compte de sa folie, et de s'évanouir avec une bobine entre les bras, pendant que le feu brûle.
Milou le sauve en allant chercher la police, et en profite pour refaire la peinture et aller chercher le journal. Le héros se retrouve donc à l'hôpital où l'héroïne va le chercher, et le ramène chez lui pour sa convalescence.


 C'est marrant comme un acteur des 20's sur le déclin peut ressembler à un ouvrier portugais.

Les héros se rapprochent donc dangereusement, et seraient même sur le point d'arriver à une conclusion heureuse, vu que la fille a même réussi à lui décrocher un gros rôle dans son prochain film. Trop facile, se dit-on, il va y avoir embrouille. Et tiens, la meuf, elle aurait pas une aile entière de sa baraque remplie de meubles à lui? Ah ben il va les trouver et se vexer, non?
Bingo.

Et du coup, vu que c'est un mec raisonné qui over-react pas du tout, il rentre dans sa maison brûlée (mais qui le vit assez bien, a priori) pour chercher son flingue et se buter. Heureusement, l'héroïne, qui avait tout deviné aplatit sa voiture contre un platane devant chez lui, et arrive à tant pour le sauver.
Et même si personne ne veut voir notre héros parler dans un film, ils trouvent une solution, ils danseront des claquettes.

Et le happy end est donc une merveilleuse session de claquette. Avec du son, parce qu'on est grand prince. Classe, non?

L'avis
Il y a certains avantages à voir un film muet. Au lieu d'avoir des silences pesants des films français habituels, on a de la musique. Au lieu d'avoir des bruits et des explosions de films américains, on a de la musique. Et surtout, les dialogues sont généralement beaucoup moins pesants. De plus, on peut se permettre beaucoup plus de gros clichés, vu que le style old school est totalement assumé.
Donc, là, le réalisateur en a profité à mort, et a fait du cliché la base du film.C'est marrant, surtout quand on aime bien le kitsch comme moi.

 lalala, lalalala

Après, là aussi de façon totalement assumée, les acteurs surjouent à mort. Bien forcés, parce que sinon, c'est un peu plus dur pour savoir ce qu'ils pensent, vu qu'on a pas les sons. Mais bon, on est aussi assez content de pas entendre parler certains acteurs, qui ont l'air assez nuls. 
Donc en fait, l'histoire est nulle, les acteurs surjouent, mais l'ambiance est telle qu'en fait, le film est assez plaisant, et qu'on passe un agréable moment au début du XXe siècle.
Donc pour changer de d'habitude, je vais dire que j'ai bien aimé un film, et ça me fait un peu mal au cul, mais bon.
Mais qu'on soit bien clairs, hein : tout le monde a crié au génie... Si le génie, c'est de refaire 70 ans plus tard une accumulation de tous les clichés du genre, il y a beaucoup de génie dans le domaine de la littérature fantastique. C'est bien, mais ça mérite pas non plus tout ce qu'on en a dit. Mais bon, vu que la plupart des journalistes et critiques notent en binaire, forcément...

Brèves inintéressantes
. Le meilleur acteur du film reste Milou.
. A voir Dujardin accumuler les films avec Bérénice Béjo, on se demande quand il va larguer Lamy pour elle.
. C'est marrant de voir Goodman jouer dans un film français. En même temps, ses dialogues étaient faciles.
. Il y a un discret clin d’œil à Marilyn Monroe avec un grain de beauté factice, mais discret, hein.
. On remarquera qu'une fois qu'il a raté son dernier film, l'acteur star n'essaie pas une seconde de trouver un autre rôle ou un vrai taf, il préfère devenir alcoolique. Feignant d'assisté.
. Ah oui, j'en ai pas parlé, mais il est marié, l'acteur au début, à la meuf qui a décroché le rôle le plus insipide de l'histoire du cinéma, mais après, elle le quitte. Voilà voilà.
. La mode de la moustache, c'est quand même une bonne chose que ce soit fini. Même s'il aura fallu Pétain et Hitler pour en arriver là. Et même si les rugbymen essaient péniblement de la remettre à jour.

. Pour ceux qui ont vu Inglorious Basterds, je pense pas qu'ils utilisaient les mêmes bobines en France que dans ce film. Là, l'incendie à base de bobines, il s'allume péniblement en un quart d'heure, brûle quelques endroits vite fait et ne s'étend pas. Un incendie assez courtois en quelques sortes.
. On m'avait vendu un film muet, et y a du son deux fois dans le film. Même pas capables d'aller au bout de leur concept, ces fiottes.



* C'est mon blog, je fais des jeux de mots pourris si je veux, non mais ho.

jeudi 20 octobre 2011

J'aime pas les voitures

Des fois, vous avez envie d'aller au cinéma, et vous savez pas trop quoi aller voir, entre les nouveaux films qui ont l'air bien, mais qui sont sortis la semaine même et que donc la salle va être blindée, et les films afghans sous-titrés hongrois joués uniquement avec des acteurs portugais tétraplégiques. En désespoir de cause, vous jetez un regard à ce que pensent les critiques (ceux qui savent mieux que vous ce qui est bien et pas bien) : et là, PAF, vous apprenez qu'un film est sorti, qu'il a fait sensation à Cannes, qu'il est génial et qu'il s'instaurera comme une référence du cinéma. Chiche.


DRIVE
Réalisateur : Nicolas Winding Refn
Acteurs : Ryan Gosling,
Carey Mulligan,
des voitures

L'accroche : 
Alors, autant vous le dire tout de suite, autant des fois, il y a des films d'action (ou pas, comme on le verra plus tard) qui reposent principalement sur le scénario, autant là, pas trop. Donc nous avons affaire à un mec qui conduit super bien. Il aurait pu faire taxi en France et devenir ainsi super riche et faire des manifs pour avoir le droit de rouler sur la bande d'arrêt d'urgence, mais non, il est américain de Los Angeles, donc il fait garagiste le jour, cascadeur le jour, et chauffeur pour des braquages la nuit. Oui, ça lui fait un peu deux boulots de jour, mais rassurez-vous, il envisage aussi de faire pilote de stock-car pendant ses heures creuses.
Tout ça le fatigue un peu, et ça se voit sur son visage, tant notre héros pour qui nous nous passionnerons durant ce film arborera en tout et pour tout deux expressions faciales durant ce film : le visage impassible mais un peu fatigué, et le petit sourire fatigué. Vous me direz, ça fait déjà un vachement plus grand jeu d'acteur que Nicolas Cage ou Keanu Reeves, mais quand même.
Notre héros (que nous appellerons "Canada" pour faire un subtil jeu de mot (Canada, drive...? Non? Vraiment pas?) ) vient d'on ne sait pas où. On ne sait pas trop ce qui le motive. On ne sait pas trop ses projets. En fait, on sait pas grand chose, quoi. Même son nom, en fait.
Donc voilà, ce monsieur fait ça, mais il se lie d'amitié avec sa voisine Irène, qui vit seule avec son fils, vu que son mari "Standard" fait de la prison. On ne sait pas pourquoi. En fait, on sait pas grand chose dans ce film, mais c'est parce que c'est un film d'auteur, je vous rassure. On sait surtout pas comment quelqu'un sur Terre peut envisager d'appeler son enfant "Standard", mais bon.
Et donc Canada dragouille un peu Irène. Il fait style de "j'aime bien trainer avec toi et ton fils", mais on sent bien qu'au fond, il aimerait bien lui changer les soupapes et l'arbre à cames. Mais manque de pot, juste au moment où il semblait pas loin d'y arriver, le mari taulard sort de prison. Et se fait casser la gueule pour des histoires de thunes.
Canada fait un peu le canadien : venant de se faire casser son coup, étant sûr de ne pas pouvoir niquer sa voisine et s'approprier l'enfant, et se faisant empêcher de dormir par le voisin en question pendant qu'il fait la fête, propose donc son aide au taulard en question : il est vraiment très très gentil. Donc il organise un braquage avec Standard, mais manque de pot, Standard se fait buter (ce qui lui évitera le suicide pour la peine d'avoir un prénom aussi ridicule), et Canada se fait poursuivre par la Mafia parce qu'il leur a piqué la bagatelle de un million de dollars.

Chose que vous ne verrez pas dans le film : le héros en train de sourire.


Le spoil :
Tout le monde meurt sauf Irène. Comme ça, c'est clair. En fait, Canada, malgré ses atouts magnifiques de conduite dont il profitera en fait une seule fois dans le film, se fait poursuivre. Apparemment, il tient pas plus que ça à la vie, mais ce qui l'embête, c'est qu'Irène pourrait mourir dans l'affaire, et ça, ça l'embête. Donc il tue plein des gens qui cherchent à le tuer. Pour finalement partir avec une blessure au ventre (coups de couteaux) sans doute fatale mais on sait pas (ha ben non, hein), en ayant fini de tuer un des parrains de la mafia (super confiant, d'ailleurs, le mec, venu tout seul à un rendez-vous pour rencontrer un mec qui a déjà tué 3 ou 4 sous-fifres à lui, et son associé), et en laissant un million de dollars dans un sac en vrac sur un parking. Et laissant donc Irène toute seule.Voilà voilà voilà.

Comme quoi, imiter James Dean, ça fait toujours vendre.


Mon avis sur le film : 
Alors. Ce qui est marrant dans ce film, c'est qu'on a un mélange de film américains (courses-poursuites, bastons, violence instantanée) et de film d'auteur français (dialogues de 10 minutes avec en tout et pour tout 15 mots échangés, grand silences, regards soutenus, silences pesants, silences, silences et silences). Du coup, ça créé une ambiance, il est vrai, qui donne beaucoup d'impact aux scènes violentes... Mais ça créé aussi des scènes chiantes où on se dit qu'on est un peu en train de gâcher de la pellicule. parce que bon, c'est pas tout ça, mais les gens qui se disent rien et qui font rien, à regarder, c'est un peu ennuyeux.
Donc voilà, c'est pas mauvais. Mais j'irai pas jusqu'à dire que c'est bien non plus.
Par contre, c'est assez bien filmé, et la BO est assez cool. Donc, je ne changerai pas d'opinion sur la Critique grâce à ce film : sous le prétexte pâlichon que ce film est un peu différent des films d'actions usuels (et encore...), on dit que c'est un chef d’œuvre qui fera date, et que l'acteur joue très bien parce qu'il évite d'en faire des caisses (mais en fait, c'est pas tellement qu'il en fait pas des caisses, c'est qu'il fait rien).


Regardez cette image fixement sans bruit pendant 4 minutes 32, et vous aurez un aperçu réaliste du film.


Brèves inintéressantes : 
. On s'embête un peu quand même.
. Des vitesses dans la voiture d'un film américain, on croirait rêver!
. Le psychopathe du Nom de la Rose fait un piètre mafieux.
. D'ailleurs, vu comment ils bossent, tu te demandes comment ils font pour survivre, les mafieux en question. Se pointer aux rendez-vous tout seul, pas sûr que ce soit un gage de qualité.
. Sachez-le, les strip-teaseuses américaines sont largement blasées des agressions au marteau. Même pas une pour se lever en glapissant, tout se perd ma bonne dame.
. A la fin, on ignore donc tout de l'histoire, des motivations ou de ce qui anime le héros. Je dis pas que ça manque, hein, mais bon, on finit par se demander ce qu'il fout là, en fait. Et nous aussi du coup.






lundi 26 septembre 2011

J'aime pas les espagnols

Alors qu'on soit bien clairs, je ne parlerai pas de sport dans ce message. Que ces saloperies de mangeurs de riz jaune ne se contentent pas d'être plus forts que nous au basket mais s'amusent à agresser nos joueurs en plus ne sera pas relevé dans ce message. Même si j'avoue que j'ai eu assez les nerfs devant mon poste. Mais là, on va parler 7ème art et pas sport comme des beaufs alors merde quoi.

La Piel Que Habito 
("la poële que j'habite", oui, je sais, je suis bilingue)
Réalisateur : Pedro Almodovar
Acteurs : Antonio Banderas
Elena Anaya

Le cinéma espagnol est très connu et réputé. 
Ahahah, non, je déconne. Enfin bon, les espagnols ont donc une industrie cinématographique qui carburent à plein tubes, étant donné qu'ils ont sorti récemment (enfin dans les dix dernières années, quoi) au moins trois films qui ne sont pas d'Almodovar : Rec, Rec 2 et L'Orphelinat (oui, non, L'auberge espagnole, ça compte pas). C'est pas mal, mais l'effort les a laissés un peu essouflés, et ils se sont donc reposés sur ce bon vieux Pedro pour sortir leur film espagnol de 2011. Penelope Cruz n'était pas disponible, Victoria Abril a disparu, donc ils ont pris Banderas (ben oui, le réservoir d'acteurs aussi est assez limité). Tout ça pour faire un film que je vais vous décrypter aux petits oignons, mes petits chanceux! 

 Et là, tu veux toujours faire du cinéma???


L'accroche : 
Un mec qui a tout l'air d'être un médecin riche, célèbre et d'avoir la classe même s'il fait des expériences pas nettes sur des cellules souches rentre chez lui dans sa villa trop cool, où une femme habillée comme une merde fait des collages, enfermée dans sa chambre. On sait pas trop qui c'est, cette femme, vu qu'on le dit pas, mais elle a l'air assez bizarre. Et le médecin a l'air bizarre aussi, à la mater via une grosse caméra, rentrer lui proposer de l'opium pour finalement se barrer aussi sec. 
Ah oui, aussi, elle se taillade un peu à coup de papiers (oui, ça coupe) et du coup, il la soigne et trouve qu'elle a la peau douce. Elle a l'air un peu suicidaire la dame, mais ça a pas l'air de choquer les gens plus que ça.
Et a priori le monsieur lui greffe de la peau transgénique. Donc on se dit qu'elle sort peut-être d'un sale accident. Au passage, on apprend aussi que la femme du monsieur chirurgien, ben elle est morte brûlée.

Un espagnol sérieux, ça impressionne vachement.


Là, je vous retranscris pêle-mêle la première demie heure du film, hein. Donc c'est un peu bizarre. D'un côté, c'est de l'Almodovar, donc ça surprend pas plus que ça, quoi.
Donc la compréhension de l'histoire est pour l'instant quelque peu limitée. Mais on espère que ça va s'améliorer au fur et à mesure du film.




Le spoil : 
Alors en fait, au fur et à mesure du film, on comprend petit à petit l'histoire. La femme de Tonio (tu permets qu'on t'appelle Tonio?) est pas morte brûlée. Elle était juste défigurée et apathique, et s'est suicidée quand elle a vu sa sale gueule (ce qui pourrait donner des idées à Sarah Jessica Parker), tombant à côté de sa fille qui chantait une petite chanson à la con, la traumatisant.
Quelques années plus tard, quand la jeune fille traumatisée sort de l'hôpital psychiatrique où elle est rentrée parce qu'elle était un peu sociopathe, elle va à un mariage avec Tonio. Là, entre quelques partouzes et une noire qui chante du flamenco (oui, ça a l'air assez particulier les mariages espagnols), la jeune fille se fait emmener dans un coin sombre par un gars tout défoncé. Il y a visiblement quiproquo sur les intentions des deux parties, mais juste au moment où le gars commence à vouloir faire son affaire, la chanteuse (qu'on entendait plus du tout, mais finalement, elle a la voix qui porte différemment selon ce qu'elle chante) entonne (au grand étonnement de tous les spectateurs qui ne s'attendaient pas à un rebondissement aussi inattendu) la chanson qui a traumatisé la petite gamine qui était en train de regarder le crâne ouvert de sa maman dans le jardin familial. Drame. La fille pète un plomb, commence à attaquer le gars qui l'assomme pour le coup, et se barre sans demander son reste, après avoir rhabillé un peu la demoiselle.
Mais son père la trouve dans cette position, et pense qu'elle a été violée, surtout qu'elle se réveille complètement folle, et traumatisée par la présence masculine, au point qu'elle se suicidera peu après.


Tonio, veuf et maintenant privée de sa fille, décide de se venger du mec qui a violé sa fille (oui, en Espagne, on fait des partouzes, mais on a pas encore inventé les examens pour voir si quelqu'un a été violé. Je pense que certains hommes politiques feraient bien d'y émigrer...). Et donc il le kidnappe, le retient prisonnier dans sa villa, et l'opère pour le transformer... en femme! Et ouiii!
Donc en fait, la gonzesse du début, en fait, c'était Roger le violeur qui viole pas. Mais qui se la prend sévère, du coup.

 Heu, je viens de lire le script... et en fait, je suis un mec?



Donc tout ça, on l'apprend par des loooongs flashbacks au fur et à mesure du film. A ce moment, pendant une absence de Tonio, Tigrou, un repris de justice déguisé en Tigre, fils de la gouvernante de la villa, se pointe, attache sa mère, voit la fille en haut sur les écrans de surveillance, rentre par effraction et la viole. Devant les caméras, pour que sa mère puisse regarder. Sur ce, Tonio rentre, le voit et le bute.
A noter que pour les nombreux gens qui auraient trouvé ça trop simple, il s'avère que, même s'ils l'ignorent, Tigrou (qui aura donc eu une présence de 2 minutes 35 dans le film) et Tonio sont frangins. 


Ce après quoi on se rend compte que Tonio s'est lourdement attaché à Roger (qui est maintenant Rogette) au point d'en tomber amoureux, et essaie de le/la troncher. Lui donne libre accès à toutes les pièces de la maison. Et c'est au moment où on pense que tout va s'arranger que Rogette se venge finalement. En utilisant le prétexte fallacieux d'aller chercher du lubrifiant parce que le sexe de Tonio est trop proéminent (alors que bon, il est espagnol, donc on sait tous que c'est pas crédible), il/elle va en fait chercher le flingue de Tonio, le bute avec, bute la gouvernante aussi, et rentre chez elle/lui. Et le film se termine sur la scène un peu bizarre où une bombasse rentre dans une boutique pour expliquer que c'est elle, le fils prodigue qui a disparu il y a quelques années.
Mouarf.




Mon opinion: 
Oh mon dieu que c'est malsain. Oulalala. On se complait dans des trucs glauques que ce n'en n'est pas permis. Entre les partouzes dans le jardin du mariage, le mec complètement défoncé qui essaie de se taper une simple d'esprit, le mec déguisé en tigre qui viole une meuf devant sa mère, le mec qui veut coucher avec le transsexuel forcé qui a violé sa fille, je sais pas ce qui remporte la palme. Une bonne grosse douche est nécessaire après ce film. Et je pense qu'il faudrait interner Almodovar de façon préventive.
Sinon, gros point négatif du film : c'est en espagnol. Le tourner dans une vraie langue aurait quand même donné un peu de crédibilité au truc.
Mais sinon, c'est pas mal filmé, et j'avoue que j'ai été assez surpris quand j'ai compris que la meuf du début, c'était le mec. Surtout que bon, la meuf du début, elle est quand même super bonne, et que si ça marchait aussi bien, je pense qu'il y aurait beaucoup de gens qui seraient partants pour un changement de sexe.
Et puis bon, y a des trucs pas trop nécessaires. Tigrou reste pour moi une grosse interrogation. Pourquoi le déguiser en tigre? Non, mais sans déconner? C'est pour donner un côté farfelu, ou pour pimenter un peu le viol, parce que juste violer une meuf pendant que sa mère visionne la scène, c'était pas assez trash?


 Et là, je me coupe la langue, et tu te caresses avec pendant qu'elle saigne, pendant qu'un enfant nu regarde... ouais, ça va être bien.





Mais bon, c'est du Almodovar, donc tout le monde criera au génie... mais je pense que l'accueil américain pour ce film sera mitigé, tant il est vrai que ça cadre pas trop trop avec le côté mormon (con con con con con).



Brèves : 
. L'Espagne c'est super dangereux, c'est plein de gens avec des flingues qui se tirent dessus.
. Et c'est aussi plein de pervers sexuels qui se violent et font des partouzes pendant les mariages. Non sérieux, les gars, faites gaffe quand vous passez les Pyrénées.
. Sinon, les flics espagnols sont tellement nuls qu'il suffit de se déguiser en tigre pour pas se faire arrêter alors que ta gueule est diffusée partout à  la télé dans un braquage.
. Alors, la spéciale du film qui nique un peu le "happy" end, c'est que le mec/meuf, avant de tuer les deux  dans la villa, il a bien pris soin de se montrer à l'ex-associé de Tonio, de lui préciser son identité et son changement de sexe. Et donc c'est sûr et certain qu'il va se faire choper par les condés. Sauf s'il se déguise en tigre, remarque.
. Pour ceux qui se demandaient, ce film n'est pas sexy. Genre jamais.
. Je pense que ça a signé la fin des Almodovar pour moi. Je préfère le glauque bien de chez nous, à tout bien réfléchir.